MAGHREB
15/03/2015 08h:48 CET | Actualisé 16/03/2015 05h:42 CET

Tunisie: La frange dissidente de Nida Tounes monte au créneau en organisant un conseil national

Nessma

POLITIQUE - Le "conseil national" de Nida Tounes a appelé, samedi lors d'une réunion à Gammarth (Tunis), à prendre plusieurs mesures pour améliorer l’organisation et la politique du parti, recommandant notamment l'intégration du président de Nessma TV, Nebil Karoui, au comité constitutif.

Ce conseil national est une continuation du mouvement de dissidence qui avait appelé le 8 mars dernier à boycotter le comité constitutif (11 dirigeants) définitivement, à "ne prendre en compte aucune de ses décisions et à s'autodissoudre" afin de "sauver le parti".

Plusieurs figures comme Hafedh Caïd Essebsi, fils du président de la République , le député Khemaies Ksila et le président de la chaine privée Nessma TV, ont participé à cette réunion qu'ils ont qualifiée de "réformiste".

Les revendications de ce conseil consistent à ajouter un nouvel article au règlement intérieur du parti pour élargir le corps électoral, l'ouvrir aux coordinateurs régionaux, aux jeunes, aux femmes et pour intégrer les députés au comité exécutif. Il a appelé également à la désignation de Béji Caïd Essebsi qui a démissionné début janvier pour se consacrer à la présidence de la République, comme président d'honneur du parti.

Les participants ont aussi revendiqué l'intégration du directeur de la chaîne de télévision privée Nessma TV, Nebil Karoui, dans l’instance constitutive du parti.

Une couverture spéciale de ce conseil, ainsi qu'une émission accueillant plusieurs de ses figures ont d'ailleurs été diffusés sur Nessma TV samedi soir.

"Nebil Karoui était un des militants de Nida Tounes lorsque ce parti n'était qu'une idée. Et d'ailleurs c'est dans ses bureaux que la naissance de ce gigantesque projet a eu lieu. Huit membres du comité constitutif ont signé un accord pour qu'il l'intègre et aujourd'hui le conseil national a validé cela", a affirmé Khemaies Ksila lors de cette émission.

Cette intégration reste problématique dans le paysage audiovisuel tunisien car elle va à l'encontre du cahier des charges de la HAICA (Instance de régulation du paysage audiovisuel). Celui-ci stipule, entre autres, que pour avoir une autorisation de diffusion, le président d'une chaîne de télévision ne doit appartenir à aucun parti politique.

Dans le cadre d'un bras de fer médiatique avec plusieurs médias privés, la HAICA avait infligé en novembre 2014, une amende de 10.000 dinars à Nessma TV pour cause de publicité politique en faveur de Nida Tounes.

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