13/03/2015 04h:24 CET | Actualisé 13/03/2015 04h:24 CET

Bourse: Mohamed Boussaid veut ouvrir le capital de la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca

Boussaid vs Brokers: La bataille entre le ministre des Finances et les sociétés de bourse
Boussaid vs Brokers: La bataille entre le ministre des Finances et les sociétés de bourse

BOURSE - C'est une sortie tonitruante que vient de signer le ministre des Finances, Mohamed Boussaid, durant son passage au Club de l'Economiste. Il a en effet menacé d’éjecter les sociétés de bourse du capital de la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca où elles sont actionnaires exclusifs.

Motif de cette sortie: le refus des brokers d'ouvrir le capital de la Bourse de Casablanca, présenté par les pouvoirs publics comme une condition sine qua non pour sortir le marché de sa torpeur. Ce projet de démutualisation des statuts de la société gestionnaire de la place casablancaise date du mandat de Salaheddine Mezouar au département des Finances.

En ouvrant le capital de la Bourse, l'ancien ministre des Finances voulait impliquer dans le tour de table de la société gestionnaire de la place de nouveaux acteurs tels que les banques, les compagnies d'assurances, les caisses de retraite... Tous les "zinzins" (investisseurs institutionnels) qui passent par la Bourse pour placer leur liquidités.

Une manière aussi de lever le monopole des brokers sur la gestion du marché et éviter toute situation de conflit d'intérêt. Les brokers étant à la fois les seuls clients directs de la Bourse et en même temps ses uniques actionnaires.

Le pactole d'abord!

Mais depuis, les choses n'avancent pas. La raison est simple: les brokers qui gèrent la Bourse de Casablanca via un contrat de concession conclu au début des années 1990 veulent d'abord récupérer le pactole constitué dans les réserves de la société gestionnaire. Une cagnotte qui se monte à plus de 600 millions de dirhams.

"Cela fait plus de vingt ans que nous nous investissons dans le développement de la place et sa modernisation. Il est hors de question qu'on lâche le contrôle de la Bourse sans récupérer le fruit de notre travail, sachant que nous n'avons jamais remonté les dividendes de cette activité", explique un patron d'une société de bourse de la place sous couvert d'anonymat.

Comment les brokers comptent-ils riposter? "Nous n'avons rien décidé pour l'instant. Nos revendications sont légitimes et doivent être prises en compte", lance notre source, comme pour défier le ministre des Finances.

Le joker de Boussaid

Nommé ministre des Finances après Mezouar, Nizar Baraka avait tenté de désamorcer ce conflit en proposant aux brokers de se partager le tiers de ces réserves. Les deux autres tiers étant voués à rester dans les caisses de la société gestionnaire pour servir au développement de la place. Un deal qui n'a pas arrangé toutes les parties prenantes.

Aujourd’hui, Mohamed Boussaid tente de débloquer la situation par la manière forte. C’est qu’il dispose d'une carte maîtresse: l'arrivée à échéance d'ici août 2015 du contrat de concession qui lie les brokers de la place et l'Etat. "Si au terme de la concession de la bourse en août 2015 rien n'est fait, je prendrai les dispositions nécessaires", promet le ministre des Finances.

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