MAROC
11/03/2015 09h:38 CET

Élections: Pourquoi les leaders politiques doivent miser sur les jeunes (INTERVIEW)

Élections: Pourquoi les leaders politiques doivent miser sur les jeunes (INTERVIEW)
David Rosen Photography/Flickr
Élections: Pourquoi les leaders politiques doivent miser sur les jeunes (INTERVIEW)

POLITIQUE - Inscriptions sur les listes électorales, participation aux élections, leadership politique… Le point avec Mohamed Alami Berrada, fondateur de l’association Tizi.

HuffPost Maroc: La campagne d'inscription aux listes électorales a-t-elle été une réussite ou un échec?

Mohamed Alami Berrada: En l'absence de communication des statistiques officielles, il est difficile de répondre à cette question. Quoiqu'il en soit, la participation électorale dépend de l’environnement psychopolitique

régional et national. Sur le plan régional, le pic de participation des 15 dernières années a été atteint en 2011, suite aux manifestations qui ont ponctué l’année. Après, et de manière prévisible, il y a eu une baisse de la participation politique des jeunes en 2013, puis en 2014. Mais je pense que la tendance baissière connaîtra une inflexion en 2015 parce qu’il y a des rendez-vous électoraux en septembre 2015 et en 2016.

Les Marocains se sentent-ils plus concernés par les élections?

Sur le plan national, le "printemps tranquille" marocain a changé la donne. Le gouvernement actuel semble rassurer les électeurs et redore "relativement" le blason de la pratique politique au Maroc. La nomination de Abdelilah Benkirane après le succès du PJD lors des élections de 2011, est porteuse d’un message fort: voter a un sens parce que ceux pour lesquels nous votons, s’ils arrivent en tête des élections, prennent effectivement la tête du gouvernement, ce qui n’était pas le cas dans le passé, avec les précédentes constitutions. Un autre effet doit, également, être pris en compte: des partis comme le PSU, qui ne participaient pas aux élections, ont pris la décision de mettre fin au boycott, ce qui confirme ce regain de confiance en notre système politique.

Y-a-t-il un réel leadership politique au Maroc? Les chefs de partis attirent-ils des jeunes?

Je me permettrai, tout d'abord, de reformuler la question: est-ce qu'il y a une dynamique de leadership dans les partis politiques au Maroc? Je pense qu’au moins pour trois d’entre eux, il y a une dynamique de leadership. Au PJD, qui fait un important travail de stimulation des jeunes et de cooptation; au PPS, qui est plutôt dynamique, structuré; et enfin, au PAM, qui attire de plus en plus de jeunes.

Comment est-il possible de remédier à ce manque de leadership?

Il faut qu'il y ait, à mon sens trois actions. La première est que les partis politiques aient de véritables leaders qui inspirent et qui attirent vers eux de jeunes leaders potentiels. Les partis qui ont des jeunesses dynamiques réussissent plutôt bien. Je cite encore une fois le PJD, qui forme très tôt ses jeunes, notamment dans les associations de scoutisme et dans les associations sociales qui gravitent autour du parti.

Second élément, il faut promouvoir la culture du leadership auprès des jeunes, dans l’université et les écoles supérieures, notamment pour identifier et sensibiliser des jeunes prédisposés au leadership. Enfin, il faut qu’il y ait des passerelles qui fassent le lien entre les jeunes prédisposés au leadership et les partis politiques et les organes de gouvernance. TIZI se positionne justement comme une passerelle vers ce leadership. A vrai dire, je suis optimiste, l’écosystème marocain est plus que jamais favorable à l’émergence et à l'éclosion de jeunes leaders.

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