ALGÉRIE
11/03/2015 14h:35 CET | Actualisé 11/03/2015 14h:38 CET

Arabie Saoudite: un défenseur des droits de l'Homme condamné à 10 ans de prison

AFP

Un membre fondateur d'une des rares associations de défense des droits de l'Homme en Arabie saoudite a été condamné à dix ans de prison, a indiqué mercredi une organisation régionale défendant les droits humains.

Le jugement contre Mohammed al-Bajadi a été prononcé le 5 mars à Ryad par une cour criminelle spécialisée dont les compétences couvrent le terrorisme, a précisé le Gulf Center for Human Rights (GCHR), qui a des bureaux à Beyrouth et à Copenhague.

M. Bajadi est l'un des fondateurs de l'Association pour les droits civils et politiques (ACPRA) en Arabie saoudite, royaume musulman ultraconservateur où toute dissidence est sévèrement réprimée.

La cour a prononcé une peine de dix ans de prison, cinq ans ferme et cinq ans avec sursis, a indiqué le GCHR, précisant que le militant avait été jugé sans préavis et sans avoir pu contacter ses avocats.

M. Bajadi, âgé d'une trentaine d'années, était accusé notamment d'avoir acquis des livres interdits, organisé une manifestation de familles de détenus et diffusé des documents susceptibles de troubler l'ordre public, a expliqué le centre.

Selon un rapport publié en octobre par Amnesty International, les autorités saoudiennes ont ciblé un à un les membres fondateurs de l'ACPRA, dans une tentative implacable pour démanteler l'organisation et faire taire ses membres.

LIRE AUSSI: Amnesty International: réaction "scandaleuse" de la communauté internationale face aux guerres commises en 2014

L'Arabie Saoudite fait régulièrement l'objet de critiques de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme.

Une source diplomatique a déploré mercredi l'absence de changement majeur dans ce domaine. Les autorités saoudiennes veulent prouver aux conservateurs ici que les fondements islamiques du royaume restaient bien protégés, a ajouté cette source.

Samedi dernier, le royaume avait déclaré n'accepter aucune forme d'ingérence dans ses affaires internes et rejeter toute atteinte à l'indépendance de sa justice.

Les autorités saoudiennes réagissaient à la vague de critiques internationales provoquée par la condamnation du blogueur saoudien Raef Badaoui à 10 ans de prison et 1.000 coups de fouet pour insulte envers l'islam.

Mardi, la Suède a décidé de ne pas renouveler un accord de coopération militaire signé avec Ryad en 2005 en raison notamment de la situation des droits de l'Homme en Arabie saoudite.

Ryad a fait état de son mécontentement en rappelant son ambassadeur de Stockholm, selon le ministère gouvernement suédois.

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