ALGÉRIE
09/03/2015 12h:54 CET | Actualisé 09/03/2015 17h:43 CET

Le militant Rachid Aouine condamné à 6 mois de prison ferme, la LADDH dénonce un "délit d'opinion"

DR

Rachid Aouine, militant et défenseur des droits des chômeurs, a été condamné aujourd'hui 09 mars à 6 mois de prison ferme par le tribunal de la ville El Oued pour incitation à attroupement. Un autre militant, Brahimi Abdelhamid, a bénéficié d'une relaxe, apprend-on auprès de la Ligue Algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH).

Le président de la LADDH, Maître Nourredine Benissad qui conduisait le collectif des avocats en charge de la défense des deux militants, dénonce des poursuites pour "délit d'opinion".

LIRE AUSSI: La LADDH assurera la défense des militants aux procès de Laghouat et El Oued

Il a souligné dans un communiqué que les deux militants étaient poursuivis "pour incitation à attroupement en vertu de l'article 100 du code pénal". Les avocats, indique-t-il, dans son communiqué, ont "soutenu lors du procès que les poursuites étaient infondées sur le plan juridique, que l'infraction de l'incitation à l'attroupement était un résidu des années de plomb".

Il s'agit, a-t-il noté, d'une " législation répressive" qui n'est pas "conforme aux conventions internationales relatives aux droits de l'homme et à la constitution qui garantissent la liberté d'expression".

Le collectif des avocat qui a annoncé son intention de faire appel de la condamnation de Rachid Aouine estime que les poursuites engagées contre lui portent sur ses opinions. "Les défenseurs des droits de l'homme ont droit à une protection" indique-t-il en soulignant que la "LADDH reste mobilisée pour la libération de Rachid Aouine et la défense des libertés notamment d'expression et d'opinion".

Rachid Aouine a été arrêté et placé en détention provisoire dimanche 03 mars par le Procureur général de la Cour de la ville El Oued, pour avoir "incité les forces de l'ordre à manifester" dans une publication Facebook. Son camarade et militant Brahimi Abdelhamid avait été arrêté le lendemain 4 mars pour les mêmes chefs d'inculpation.

Maître Benissad Noureddine avait sollicité ce dimanche le rapporteur spécial de l’Onu, Michel Forst sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme en Algérie, notamment les cas de Rachid Aouine et Abdelkader Khancha. Le président de la LADDH a dénoncé dans une lettre “la pression que subissent [ces derniers] dans le Sud algérien, et déploré le non respect du droit à des procès “équitables”.

"Nous sollicitons [Michel Frost] d’intervenir auprès des autorités algériennes, état membre du Conseil des droits de l’Homme ayant ratifié la majorité des instruments pertinents de protection de ces droits", pour libérer ces défenseurs des chômeurs et appeler les autorités à respecter le principe du droit à la protection" de ces personnes.

La mise en détention provisoire de Rachid Aouine avait notamment suscité la réaction de l’organisation non gouvernementale internationale (ONGI) Human Rights Watch, qui a condamné dans un communiqué l’arrestation de l’activiste algérien.

“Les autorités algériennes devraient immédiatement relâcher Rachid Aouine et abandonner toutes les charges à son encontre", avait appelé le représentant de la branche MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) de Human Rights Watch, Eric Goldstein dans le même communiqué.

L’ONGI, qui a déploré la répression des manifestations pacifiques et l’emprisonnement des militants par les autorités algériennes, a rappelé que "la liberté de critiquer les [officiels], à l'image de la police, et manifester est une part nécessaire du débat public". Human Rights Watch a ainsi dénoncé l'arrestation de Rachid Aouine et des autres activistes et défenseurs des droits de l’homme.

LIRE AUSSI: Human Rights Watch condamne l'emprisonnement du militant Rachid Aouine

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.