MAGHREB
03/03/2015 07h:07 CET

Tunisie: Peine réduite en appel à six mois pour Yassine Ayari... Retour sur l'affaire

AFP

Le blogueur tunisien Yassine Ayari, accusé d'avoir porté "atteinte à l'armée" dans des textes publiés sur Facebook, a vu aujourd'hui sa peine réduite en appel à six mois de prison contre un an précédemment.

Yassine Ayari, 33 ans, avait été condamné dans un premier procès par contumace le 18 novembre à trois ans de prison pour avoir diffamé des officiers et cadres du ministère de la Défense, publié des rumeurs pouvant provoquer la confusion chez les unités militaires et accusé des responsables d'infractions financières et administratives sans présenter de preuves, selon ses avocats.

Selon l'ATS, plusieurs manifestants se sont réunis après le verdict devant le tribunal militaire en scandant "A bas le juge de l'armée".

Interpellé en décembre à son arrivée de Paris puis transféré vers une prison près de Tunis, il avait fait opposition au jugement et avait vu sa peine réduite à un an en janvier.

La cour d'appel militaire a décidé aujourd'hui "de réduire sa peine à six mois", a annoncé la magistrate à l'AFP.

Amnesty International avait dénoncé cette sentence touchant "à la liberté d'expression".

Yassine Ayari était un activiste sous le régime déchu de Ben Ali, et a continué à être actif après la révolution. Il est le fils d'un colonel de l'armée tué en mai 2011 dans des affrontements avec un groupe de jihadistes à Rouhia, dans le nord-ouest de la Tunisie.

Ces derniers mois, il s'est montré très critique envers le parti Nida Tounes, vainqueur des législatives, et son chef Béji Caïd Essebsi, le nouveau président tunisien élu le 21 décembre.

De nombreuses personnes s'étaient indignées du fait que le tribunal militaire se donne le droit de juger des civils. En 2011 et sous le gouvernement Béji Caid Essebsi, le ministre de la justice Lazhar Karoui Chebbi a décidé de déférer les procès en relation avec les martyrs et les blessés de la révolution et impliquant l'appareil sécuritaire ou militaire à la compétence des tribunaux militaires.

Ainsi et depuis, des civils tel que Ayoub Messaoudi ont été condamnés à des peines de prison par le tribunal militaire tunisien.

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