MAROC
03/03/2015 13h:54 CET | Actualisé 03/03/2015 14h:22 CET

Le numéro deux du PJD Saâdeddine El Othmani s'est dit favorable à la légalisation de l'avortement: Nouzha Skalli, ex-ministre de la femme et députée PPS réagit (Interview)

Shutterstock / Smit

SOCIÉTÉ - La députée PPS et ex-ministre de la femme, qui a longtemps défendu une légalisation partielle de l'avortement, suit de près l'actuel débat sur la question. Son point de vue en trois réponses.

HuffPost Maroc: Hier, le numéro deux du PJD Saâdeddine El Othmani s'est dit favorable à la légalisation de l'avortement. Les secrétaires généraux du PPS, du MP et de l'USFP également. Que pensez-vous de ces prises de position ?

Nouzha Skalli: Ce qu'il faut en retenir de positif, c'est que tout le monde est unanime sur la nécessité de changer la législation sur l'avortement. Le débat qui a été relancé récemment est là depuis plusieurs années, mais, à l'époque, il n'y avait pas d'oreilles pour l'accueillir... Il faut donc saisir l'opportunité politique qui se présente.

Faut-il généraliser l'avortement ?

L'avortement n'est pas une panacée, mais d'abord la preuve d'un échec politique en matière de généralisation de la santé reproductive et de l'éducation sexuelle. Je ne suis personnellement pas 'fan' de l'avortement --c'est une catastrophe que d'y avoir recours-- mais je pense qu'il faut faire confiance aux femmes sur cette question.

Lorsqu'elles choisissent d'avorter, c'est qu'elles ne peuvent pas faire autrement. Bien sur, il faut qu'elles bénéficient d'un soutien psychologique et social qui les aide à vouloir garder l'enfant. Sinon, lorsque la santé de la femme ou la santé de l'enfant sont en jeu, il est aberrant de laisser la femme avoir recours à l'avortement clandestin.

Le Maroc est-il prêt à entreprendre un pas en avant, sur la question de l'avortement ?

Le Maroc est tout à fait prêt à franchir le pas. Evidemment, la définition de l'avortement ne peut pas être la même que dans d'autres pays: je veux dire par là que l'avortement de confort rencontrera de fortes résistances au Maroc.

Il suffit, pour franchir le pas, que les acteurs politiques se rendent compte que leur rôle n'est pas de suivre l'opinion publique, mais de l'encadrer. La légalisation de l'avortement est aujourd'hui nécessaire, et il faut faire preuve de courage politique pour l'entreprendre.

Une commission mixte travaille actuellement à une réforme des lois pénalisant l’avortement. Membres de ministère de la Santé et de la Justice y participent, en collaboration avec des représentants du Conseil supérieur des Oulémas. Cela fait déjà plusieurs mois que la commission a été mise en place, sans pour autant donner de délais pour livrer ses propositions. Lorsque la commission aura fini son travail, le ministre de la Santé, Houcine El Ouardi, promet que les associations "et toutes les personnes qui veulent aider" seront consultées.

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