MAGHREB
03/03/2015 11h:04 CET | Actualisé 03/03/2015 11h:36 CET

Un ex-détenu tunisien de Guantanamo refait sa vie à Montevideo

In this Feb. 25, 2015 photo, Adel bin Muhammad El Ouerghi, from Tunisia, chops parsley in the home he shares with five other former Guantanamo detainees in Montevideo, Uruguay. El Ouerghi said he wants to open an Arab restaurant that would serve shwarma, kebobs and other traditional Middle Eastern foods, which he hasn't found in Montevideo. (AP Photo/Matilde Campodonico)
ASSOCIATED PRESS
In this Feb. 25, 2015 photo, Adel bin Muhammad El Ouerghi, from Tunisia, chops parsley in the home he shares with five other former Guantanamo detainees in Montevideo, Uruguay. El Ouerghi said he wants to open an Arab restaurant that would serve shwarma, kebobs and other traditional Middle Eastern foods, which he hasn't found in Montevideo. (AP Photo/Matilde Campodonico)

Connaissez-vous l'incroyable histoire de Adel El Ouerghi, un Tunisien sorti de Guantanamo qui compte ouvrir un restaurant de chawarma en Uruguay?

En effet, ce tunisien âgé de 50 ans, détenu durant 12 ans dans la prison américaine située à Cuba et transféré le 7 décembre dernier en Uruguay, est en pleine réinstallation à Montevideo, où il a trouvé refuge en décembre 2014, rapporte l'agence Associated Press.

En 2007, le ministère de la Défense américain soupçonnait El Ouerghi d'avoir été un formateur en explosifs pour Al Qaida, d'avoir connu Ben Laden et d'avoir eu connaissance à l'avance des attaques du 11 septembre.

En 2014, lorsque les Etats-Unis avaient décidé de libérer des prisonniers faute de preuves, Adel El Ouerghi et cinq autres anciens détenus de Guantanamo (un palestinien et quatre syriens) avaient été transférés en Uruguay.

L'ex-président, Jose Mujica, ancien guérillero emprisonné durant treize ans (1973-1985) bien avant d'accéder au pouvoir en 2009, avait déclaré avoir "fait un geste de nature humanitaire en acceptant ces hommes" dans son pays.

"Ils seront aidés", avait-t-il dit, "dans ce pays qui ne contient que 300 Musulmans".

Le gouvernement uruguayen a offert aux six réfugiés un salaire d'environ 600 dollars, soit environ 1.200 dinars tunisiens.

Le Tunisien et ses compagnons avaient exprimé leur gratitude au président de l'époque dans une lettre de remerciement.

M. Mujica leur avait même rendu visite dans le quatre pièces qu'ils partageaient dans la capitale uruguayenne. Il les avait encouragé à trouver un travail et à apprendre la langue du pays.

"Si tous les présidents du monde étaient comme Mujica, il n'y aurait pas de problèmes", a affirmé Adel El Ouerghi à l'agence AP dans la première interview qu'il a accordé à un média depuis sa libération.

M. Ouerghi a confié qu'il comptait bien travailler, dès qu'il pourra soigner ses problèmes de santé.

En effet, l'ex-détenu souffre d'anxiété, de troubles de la concentration et de problèmes de vue.

Il voudrait ouvrir un restaurant arabe qui servirait des Chawarmas, des brochettes et d'autres aliments traditionnels du Moyen-Orient, inexistants à Montevideo.

À propos de l'intégration de son groupe dans la société uruguayenne, une de leurs voisines a déclaré à l'agence AP qu'elle a vu un grand changement chez eux après trois mois passés en Uruguay.

Quand elle avait célébré le Nouvel an avec eux, la communication était presque impossible et ils avaient peur des aboiements de son caniche. A présent, ils parlent l'espagnol de base et prennent sa chienne qu'ils surnomment "Candy loca" (Candy la folle).

L'incroyable histoire d'Adel El Ouerghi et de l'Uruguay vient tout juste de commencer...

A noter que deux des trois Tunisiens restants à Guantanamo ont été transférés au Kazakhstan en décembre dernier.

Dans le monde, plusieurs pays comme l'Estonie, Oman, le Kazakhstan, la Georgie, la Slovaquie, l'Afghanistan et l'Uruguay ont accepté d'accueillir d'anciens détenus de la prison .

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