MAGHREB
02/03/2015 10h:56 CET | Actualisé 02/03/2015 14h:35 CET

Grève des enseignants: Cafouillage lors de la première journée des examens

Flickr/Magharebia

EDUCATION - Ce lundi plusieurs enseignants de collèges et lycées tunisiens ont boycotté les examens de fin du deuxième trimestre et les ont remplacé par des cours, afin de protester contre le refus du ministère de l'Éducation de satisfaire leurs revendications.

En effet, dans le cadre de négociations sociales, les professeurs ont réclamé des augmentations salariales estimées à 205 millions de dinars.

Ce boycott devrait se prolonger jusqu'à ce qu'un accord entre les deux parties concernées advienne.

Pour le ministère de l'Éducation, "il y a un calendrier à respecter"!

Suite à ce boycott, Neji Jalloul, ministre de l'Éducation, a assuré que les établissements scolaires n'allaient pas fermer et que les enseignants se devaient d'assurer les examens établis selon un calendrier précis.

"Pour nous (le ministère de l'Éducation), il y a un calendrier à respecter (...) Mais nous ne pouvons pas obliger le professeur à assurer les examens", a-t-il affirmé lundi matin sur Express FM.

Selon lui, les professeurs sont libres de boycotter "la semaine bloquée" en vertu du droit de grève.

Le ministère ne s'arrête pas là puisqu'il a décidé de retirer une journée de salaire à ces enseignants grévistes.

"La loi dit que nous ne pouvons pas payer quelqu'un pour un travail non effectué (...) Dans le calendrier du ministère, c'est un jour d'examen et non pas un jour de cours normaux", a-t-il indiqué.

M. Jalloul a mis en cause la décision du syndicat des enseignants affilié à UGTT:

"J'ai proposé au syndicat de repousser les examens jusqu'à la semaine prochaine. Celui-ci a refusé d'en donner une date précise (...) Il fallait donner une date pour que les élèves se préparent psychologiquement et matériellement à passer les examens", a-t-il remarqué.

"Il n'y aura pas d'année blanche. (...) Nous avons le temps pour le dialogue. (...) J'appelle les parents d'élèves et les élèves à respecter le droit des professeurs au travail et à la grève", a-t-il conclu.

Une grève controversée

Contacté par le HuffPost Tunisie, un jeune élève du lycée de Carthage Présidence dans la banlieue de Tunis, qui s'était pourtant préparé pour passer ses examens, a témoigné de son soutien pour ces professeurs.

"Ils sont en droit de faire grève. Nous les soutenons dans cette action comme ils nous soutiennent dans notre apprentissage de la vie professionnelle et scolaire. Ils ont ressenti une injustice de l'État, nous ressentons la même. Nous sommes liés", a-t-il affirmé en souhaitant tout de même que le ministère cède au plus vite aux revendications pour retrouver "un rythme normal".

Sur la toile, plusieurs voix ont défendu les professeurs et ont mis l'accent sur la légitimité de leurs revendications:

post enseignants

Par contre, dans le gouvernorat de Kébili, un groupe d’élèves de plusieurs lycées a organisé des marches de protestation contre le report des examens de la semaine bloquée. Les protestataires ont parcouru les artères principales de la ville avant de s’arrêter devant le siège de la direction régionale de l’enseignement, a indiqué l'agence TAP.

"Ce mouvement exprime le refus des élèves d’être victimes du conflit entre le syndicat et le ministère de tutelle", a précisé le correspondant de la TAP dans la région.

Les protestataires ont appelé les deux parties à prévaloir l’intérêt des élèves et à assurer le déroulement des examens.

Des parents d’élèves ont fait part de leur colère contre la grève des enseignants, soulignant qu'une telle situation "ne fait que mettre en péril le secteur de l’éducation et l’intérêt de l’élève".

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