ALGÉRIE
01/03/2015 01h:27 CET

Bamako et les groupes armés du nord Mali vont parapher à Alger un nouvel accord de paix

Un touareg brandit le drapeau du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) lors d'une manifestation à Kidal, dans le nord du Mali, le 28 juillet 2013
AFP
Un touareg brandit le drapeau du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) lors d'une manifestation à Kidal, dans le nord du Mali, le 28 juillet 2013

Un accord de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali doit être paraphé ce dimanche 1er mars 2015 à Alger par les différentes parties. Pour la diplomatie algérienne, c’est l’aboutissement de laborieux efforts. Mais la solution de la crise malienne n’en est qu’à ses débuts.

Pour la diplomatie algérienne, c’est l’aboutissement d’un pressing accompagné d’un effort de synthèse entre les demandes du nord et les craintes de Bamako.

L’accord doit être paraphé par le gouvernement malien et six groupes armés du nord engagés dans les négociations: le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), le Mouvement arabe de l'Azawad-dissident (MAA-dissident), la Coordination pour le peuple de l'Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).

Le processus est entré dans une phase délicate à partir du 19 février dernier avec la signature d'une déclaration entre Bamako et six groupes armés du nord. Une déclaration destinée, selon les propos du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra" créer sur le terrain un climat et un état d’esprit propres à favoriser le progrès des négociations afin d’aboutir à un accord de paix global".

Des propos prudents alors que le nouveau round des négociations, le cinquième depuis l'été 2014, était qualifié de "décisif". Certains n'ont pas hésité à parler de discussions de la "dernière chance" alors que les inquiétudes sur un retour en force des djihadistes dans le nord du Mali dont la présence est signalée à nouveau dans l’Adrar des Ifoghas.

La reprise des trafics en tout genre - dont la drogue - qui s'imbriquent aussi avec les groupes djihadistes fait craindre, sur fond de multiplication des groupes armés au nord, à un retour à l'instabilité.

La diplomatie algérienne devait d'abord vaincre le fort climat de suspicion qui existe entre les acteurs du nord et Bamako. Elle devait les amener à accepter une solution qui apporte un début de réponse aux vieilles demandes du nord sans remettre en cause la souveraineté du Mali et son unité territoriale.

Huit mois de négociations

Après huit mois de tractations, la diplomatie algérienne a mis la pression sur les parties pour conclure et proposant un texte aux parties. Ce texte, accepté par Bamako et, par les groupes armés du nord, devrait être paraphé ce matin à Alger.

Les médias ont été conviés a assisté ce matin, à 8H30, à la cérémonie de paraphue de l'accord "pour la paix et la réconciliation" qui aura lieu à l'hôtel Aurassi, à Alger.

L'accord proposé par l'Algérie appelle à "reconstruire l'unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle".

Si le texte ne mentionne pas les mots qui fâchent à Bamako comme l'autonomie ou le fédéralisme, il consacre la dénomination de l'Azawad, terme par lequel les touareg désignent le nord du Mali, en tant que "réalité humaine".

L'accord prévoit la création d'Assemblées régionales élues au suffrage universel direct, dotées de pouvoirs importants dans un délai de 18 mois et une "plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales".

Une refonte de l'armée malienne au sein de laquelle seront intégrés des combattants des mouvements armés du nord est prévue ainsi qu'un transfert de "30 % des recettes budgétaires de l'Etat aux collectivités territoriales (...) avec une attention particulière pour les régions du Nord".

Un débat "approfondi" entre les composantes de la nation malienne devra être lancé dans le cadre d'une "conférence nationale" sur les causes "profondes" du conflit et une enquête internationale devra faire la lumière sur tous les crimes de guerre, contre l'humanité, de génocide et autres violations graves des droits de l'Homme lors du conflit.

La médiation algérienne est déjà parvenue par le passé à des accords entre les groupes du nord et Bamako qui n'ont pas tenu en raison du manque du confiance et d'une mauvaise volonté à les mettre en œuvre.

Ce nouvel accord est le résultat de nouveaux efforts diplomatiques de l'Algérie qui a pesé sur les parties. L'expérience des accords passés montre que l'on n'est pas dans un "happy end" mais toujours dans un processus, difficile, de reconstruction d'une confiance, laminée par des décennies de conflit, entre les populations du nord et Bamako. De ce point de vue la réussite de la diplomatie algérienne n'est pas un "aboutissement" mais un début.

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