ALGÉRIE
01/03/2015 12h:46 CET | Actualisé 01/03/2015 12h:47 CET

Mali: Bamako paraphe l'accord de paix, la Coordination de l'Azawad se donne un "délai", Alger "positive"

AFP

L'accord de paix et de réconciliation au Mali a été paraphé dimanche par le gouvernement malien et les mouvements armés proches de Bamako comme Le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA, dissident), la Coordination pour le peuple de l'Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance (CM-FPR) et par l'équipe de la médiation conduite par l'Algérie.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (MCA) à dominante touareg composée notamment du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) n'a pas paraphé l'accord et a demandé "un délai raisonnable" pour consulter les populations.

Cette "défection" de la Coordination des mouvements de l'Azawad n'était pas totalement imprévue en raison de certaines réserves déjà exprimées au sujet de la teneur de l'accord.

La Coordination de l'Azawad qui se dit toujours engagée par le respect du cessez-le-feu, s'est abstenue d'exprimer un rejet catégorique de l'accord et a demandé un délai pour consulter les populations du nord. Un "accord non partagé avec les populations" a peu de chance "d’être appliqué sur le terrain" a indiqué un membre de la Coordination.

mongi diop lamamra

Hamdi Mongi, dirigeant de la MINUSMA, Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étarngères et son homologue algérien Ramtane Lamamra, le 19 février 2015 à Alger (Algérie). (FAROUK BATICHE / AFP)

Échec ou succès différé ?

Demi-échec ou succès différé de la médiation internationale dirigée par l’Algérie ? Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra a répondu à la question en estimant que la «pause" demandée par la Coordination de l'Azawad avait pour but de "mobiliser le maximum de soutien à cet acte fondateur" pour le rétablissement de la paix au Mali.

"Je sais que la décision difficile qu'ils ont à prendre n'exprime pas de leur part une quelconque inhibition mais serait plutôt, les connaissant bien, synonyme d'ambition à mobiliser le maximum de soutien à cet acte fondateur de la paix" a-t-il déclaré.

Lamamra a relevé que les membres de la Coordination de l'Azawad avait le droit d'obtenir cette pause et que cela n'est pas une manière de se "désolidariser" du "travail commun que nous avons mené ensemble avec foi, persévérance et respect mutuel", a ajouté M. Lamamra.

Le secrétaire général du MNLA, Bilal Agh Cherif (représentant du CMA) a estimé "nécessaire que la population de l'Azawad (Nord du Mali) s'exprime par rapport à cet accord et qu'elle donne son avis définitif car jusqu'à maintenant le temps n'avait pas permis de le faire".

Le porte-parole de la Coordination, Mohamed Ousmane Ag Mouhamedoun, n'exclut pas le paraphe du document après l'obtention de l'accord de la population et s'est dit "optimiste quant à une signature dans quelques semaines au Mali".

Un autre représentant de la Coordination, Almou Ag Mouhamed a été moins optimiste en estimant que l'accord ne répondait pas aux "aspirations du peuple Azawad".

"Je suis satisfait du déroulement mais pas du résultat". Pour lui, le projet d'accord soumis par l'Algérie n'a pas tenus compte de certains amendements de la Coordination notamment en matière de défense et de sécurité.

Le Premier ministre Modibo Keïta a appelé, de Bamako, les membres de la Coordination de l'Azawad à accepter un accord qui sans être "parfait" constitue un "compromis acceptable".

"Le projet d’accord soumis aux parties n’est certes pas parfait, mais il constitue un compromis que nous pouvons accepter tout en restant vigilants quant à sa mise en œuvre" a-t-il déclaré.

L'accord a reçu l'appui de la France qui a salué, par la voix de son chef de diplomatie Laurent Fabius, un "texte équilibré et bénéfique pour le pays et la région" et appelé tous les groupes armés à le signer "sans délai".

Le texte de l'accord ne mentionne pas le fédéralisme ou l'autonomie, formules rejetées par Bamako, mais reconnait la dénomination de l'Azawad comme représentant une "réalité humaine".

L'accord prévoit la création d'Assemblées régionales élues au suffrage universel direct, dotées de pouvoirs importants dans un délai de 18 mois et une "plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales".

Une refonte de l'armée malienne au sein de laquelle seront intégrés des combattants des mouvements armés du nord est prévue ainsi qu'un transfert de "30 % des recettes budgétaires de l'Etat aux collectivités territoriales (...) avec une attention particulière pour les régions du Nord".

Un débat "approfondi" entre les composantes de la nation malienne devra être lancé dans le cadre d'une "conférence nationale" sur les causes "profondes" du conflit et une enquête internationale devra faire la lumière sur tous les crimes de guerre, contre l'humanité, de génocide et autres violations graves des droits de l'Homme lors du conflit.

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