ALGÉRIE
01/03/2015 16h:09 CET | Actualisé 01/03/2015 16h:09 CET

Les Etats-Unis veulent expulser 150 Bosniens pour crimes de guerre

AFP

Les services de l'immigration aux États-Unis cherchent à expulser plus de 150 Bosniens vivant sur leur sol et qu'ils soupçonnent d'avoir pris part à des crimes de guerre, notamment au massacre de Srebrenica en 1995 en Bosnie, a indiqué aujourd'hui l'Agence de presse Française (AFP), qui cite le New York Times.

Quelque 300 immigrés de Bosnie réfugiés aux États-Unis depuis les années 1990 auraient participé aux atrocités perpétrées durant la guerre de Bosnie (1992-1995), selon une enquête des autorités de l'Immigration et des Douanes révélée par le quotidien américain.

En Bosnie, un porte-parole du parquet a indiqué qu'il revenait aux autorités américaines de fournir les informations concernant ce dossier, a rapporté l'AFP.

"Plus nous creusons, plus nous découvrons des documents", a déclaré Michael MacQueen, historien et enquêteur des services de l'immigration, au New York Times. Le nombre de personnes soupçonnées pourrait même atteindre 600, dont la plupart sont d'anciens soldats de Bosnie, aujourd'hui entraîneur de foot en Virginie, métallurgiste dans l'Ohio ou croupier à Las Vegas, selon le journal.

D'après les preuves accumulées par les services de l'immigration, peut-être la moitié des 300 Bosniens identifiés -- soit 150 personnes -- ont pu jouer un rôle à Srebrenica, le pire massacre commis en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

Près de 8.000 hommes et garçons musulmans avait été tués par l'armée des Serbes de Bosnie (VRS), dirigée par le général Ratko Mladic, dans l'enclave de Srebrenica (est de la Bosnie) en juillet 1995, à quelques mois de la fin de la guerre de Bosnie.

A Sarajevo, la présidente de l'Association des mères de Srebrenica, Munira Subasic, s'est félicitée d'une avancée dans les enquêtes des autorités américaines.

"Nous, les mères des associations, avons rencontré à plusieurs reprises un procureur américain chargé de ces dossiers et lui avions demandé d'enquêter sur des centaines d'hommes qui ont menti sur leur passé pendant le conflit et qui se sont enfuis aux États-Unis", a déclaré Mme Subasic à l'AFP.

Selon elle, ces hommes avaient pris la fuite durant et après la fin de la guerre. Elle dit que son association avait remis certains noms à ce procureur, qui leur avait assuré pour sa part que tous les dossiers (des immigrés bosniens) seraient vérifiés.

"Il y en a surtout au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Russie et dans des pays européennes", a-t-elle affirmé, en ajoutant avoir évoqué ce problème avec des autorités de certains de ces pays.

Ces expulsions sont rares. Les États-Unis ont expulsé en 2010 vers la Bosnie et la Serbie trois anciens membres des forces serbes de Bosnie accusés d'avoir participé au massacre de Srebrenica. Deux autres suspects avaient été extradés en 2006. Deux anciens membres des forces musulmanes de Bosnie accusés de crimes de guerre, dont une femme, ont été extradés en 2011.

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a inculpé 20 accusés en tout pour le massacre de Srebrenica, dont le général Mladic, 72 ans, ainsi que le chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, 69 ans.

Leurs procès pour génocide, qui portent également sur d'autres événements de la guerre de Bosnie, dont le siège de Sarajevo, sont en cours à La Haye.

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