MAROC
25/02/2015 12h:27 CET | Actualisé 26/02/2015 07h:46 CET

Maroc: La chaîne d'information France 24 fait un focus sur le mariage forcé des adolescentes (VIDÉO)

SOCIÉTÉ – C’est sur un fait de société inquiétant que la chaîne d’information France 24 est revenue dans un reportage diffusé mardi 24 février: celui des mariages forcés des adolescentes au Maroc qui se chiffrait, en 2013, à 30.000 cas.

Plusieurs expertes, dont Fadoua Aissam, la présidente de l’Initiative pour la protection des droits des femmes, qui accompagne les jeunes filles divorcées, et Nouzha Skalli, l’ancienne ministre de la famille, interviennent dans le reportage.

"L'éducation est la solution"

Pour la sociologue Soumaya Naamane Guessous, seule l’éducation est la solution pour prévenir ces cas. Elle explique notamment que malgré la loi, les pratiques et les traditions subsistent, surtout dans les régions enclavées et les zones rurales ou pauvres. Selon elle, la seule perspective pour ces filles est souvent le mariage.

Najat Ikich, présidente de la fondation Ytto, est intervenue au village de la Zaouiate Sidi Hamza, où les villageois subsistent avec le minimum et où 80% des jeunes filles se marient entre 12 et 14 ans. En aidant ces adolescentes à continuer leurs études, le mariage est repoussé à plus tard.

Des sujets forts et tabous sont également abordés, comme la nuit de noces, souvent vécue comme un traumatisme, ou encore le cas des jeunes filles répudiées. "Je sens que ma vie n’a plus d’importance, que je n’ai pas réussi ma vie", témoigne l'une d'elles.

Enfin, Rabia Naciri, membre du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) et présidente de l’association de la protection des femmes au Maroc, explique qu’en moyenne, le mariage des femmes se fait beaucoup plus tard, au moins à partir de 26 ans en milieu urbain, mais aussi rural.

Manque de perspectives

Mais ce qui l’inquiète, c’est qu’au lieu de régresser, le nombre de mariages des mineures augmente.

Certains courants politiques conservateurs, qui n’étaient pas favorables à la réforme du code de la famille en 2004, poussent encore selon elle les jeunes filles à se marier adolescentes. Le manque de perspectives financières et professionnelles en serait la cause majeure.

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