ALGÉRIE
24/02/2015 16h:18 CET | Actualisé 26/02/2015 16h:23 CET

"Chawari3 10X10", témoignages de jeunes photographes sur les rues algériennes (PHOTOS)

"Chawari3 10X10", littéralement "Des rues", est une exposition collective de photographies de rue (street photography) organisée jusqu’à samedi à "La Baignoire", local d’un cabinet de consulting situé au Square Port Said, à Alger-Centre.

Dix photographes, âgés entre 21 et 33 ans, sortent des réseaux sociaux et témoignent dans dix photos de la réalité des rues algériennes et de leurs scènes quotidiennes. Plaisantes et chaleureuses par-ci, tristes et impassibles par-là. Oran, Mascara, Alger, Béjaïa et Annaba se dénudent, et partagent leurs vicissitudes joyeuses ou malheureuses, turbulentes ou monotones.

Chacune des dix photographies, en couleurs ou en noir et blanc, interpelle le regard, suscite une émotion intuitive et invite le spectateur, désormais “témoin”, à partager les embrouilles d’une intrigue sociale, philosophique ou tout simplement artistique.

Parmi les séries de photographies exposées se dressent celles de Malek Bellahsene, 21 ans, originaire de Béjaïa, qui peint dans son oeuvre une société “solitaire”.

La “solitude” des hommes et des femmes, des âmes et des ombres figées dans des rues désertes et sombres de Blida, Alger et Ouargla. Des photos qui font découvrir “l'isolement” de certains, et “l'incompréhension” des autres, explique-t-il, dans une ambiance froide, angoissante.

malek

Mehdi Boubekeur, 27 ans, témoigne quant à lui de sinistres “Vues du pont” des “suicidés” - ou "des amoureux"- de Telemly, Alger-Centre. Des photographies conflictuelles qui suscitent des sentiments paradoxaux, valsant entre la sérénité et la quiétude du paysage, la monotone tristesse et le renoncement des personnes.

mehdiboubekeur

Du centre du pays, “Chawari3” change de cap et atterrit à Oran. “Il était une fois dans l’Ouest” Ramzy Bensaadi, photographe oranais de 33 ans. Mêlant le reportage photo à la street photography, Ramzy est tenté par une approche humaniste, qu’il dégage des festivités rurales qui bercent l’Oranie.

ramzy

A l’opposé, à l’est du pays, Annaba, le huitième art prend une tournure philosophique. Lola Khalfa, 28 ans, s’interroge ainsi dans ses photos, intitulées “Éphémère”, sur l’existence même du présent. “Durable dans la conscience”, “jamais palpable” et “éphémère” en réalité, à l’image des mortels qui passent ces ruelles.

lolakhalfa

Dans la capitale, les photographies de Youcef Krache, 27 ans, figent subtilement les scènes quotidiennes que vivent les Algérois dans les autobus. Tout en mettent en évidence les portraits las et impassibles, aimables et souriants de chacun, Youcef enveloppe ses personnages des belles façades des immeubles d’Alger-Centre, caractérisant les lieux du chahut qui y règne.

youcefkrache

Redouane Chaib, 32 ans, est de son côté allé à la rencontre de “Zawallia” (sans le sou) de la même capitale, intitulant sa série “Zawallia ou l’hamdoullah” (Sans le sou et louanges à Dieu). Des Algériens qui n’ont de richesses qu’un sourire chaleureux et un grand coeur, en dépit d’un quotidien rude et intolérant.

redouane

La Baignoire, qui “n’est ni une galerie d’art, ni un espace culturel”, permet ainsi à ces jeunes photographes de “coexister”, et témoigner d’une Algérie typique, celle de leurs perspectives et leurs natures. L’exposition “Chawari3 10X10” se clôturera samedi 7 mars.

Galerie photo Chawari3 10X10 Voyez les images

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