ALGÉRIE
22/02/2015 17h:07 CET | Actualisé 23/02/2015 04h:48 CET

Nabni: "La rente pétrolière n'est pas protectrice" et la "mauvaise gouvernance" perdure

HuffPost Algérie

"Inutile d'espérer qu'il s'éloigne, l'iceberg est en vue" ! Le think-tank Nabni (Notre Algérie Bâtie sur de Nouvelles Idées) tire une énième sonnette d'alarme. Cette fois-ci poussée par la chute des prix du pétrole. "Le temps presse, le déclin de la rente est peut-être engagé". "Il est inutile de nous donner l'illusion que cette conjoncture est passagère en espérant un retournement des marchés" internationaux du baril, prévient le think-tank dans un communiqué.

"La rente n'est pas protectrice, et notre modèle économique est insoutenable", a martelé aujourd'hui Zoubir Benhamouche, économiste et membre du think-tank, lors d'une rencontre animée à la salle Frantz Fanon du complexe Ryad El-Feth, intitulée "L'urgence n'est pas de freiner, mais d'engager de longs virages".

"Nous consommons à un prix bas une part de plus en plus grande de l'énergie que l'on produit, et les maigres découvertes ne permettent pas de renouveler nos réserves d'hydrocarbures", a-t-il attesté.

Nabni est catégorique; "la mauvaise gouvernance" perpétue les vulnérabilités de l'économie algérienne. "Arrêtons de bâtir l'avenir du pays sur l'issue d'un "jeu de dès" qui nous serait favorable, et d'espérer de bonnes surprises de notre sous-sol ou des marchés internationaux toujours volatiles", appelle-t-il.

"Le moment est venu de tenir un discours de vérité à nos concitoyens, notamment sur la nécessité de réformes profondes, certaines pénibles à court terme mais indispensables (...) Il ne s'agit plus de la réduction des dépenses et des importations", a rajouté Zoubir Benhamouche.

"Les réformes à engager et le temps qu'elles mettront à engendrer des effets significatifs font que les calculs de court-terme ne changeront rien" à la vulnérabilité de la rente pétrolière, reprend par ailleurs le communiqué.

Des réformes profondes sont ainsi urgentes. Le plan d'urgence 2015 de Nabni a justement été élaboré pour "identifier les réformes nécessaires et fondamentales, de court terme, qui permettront de créer les conditions d'une sortie de l'économie de rente", explique M. Benhamouche.

M. Benhamouche, accompagné lors de la rencontre de ce dimanche de Mourad Preure, spécialiste de l'énergie, Mouloud Hedir et Zoubir Benhamouche, économistes, Mabrouk Aib, expert en énergies et Lies Kerrar, expert financier, n'a pas manqué d'annoncer quelques couleurs.

Quelles sont donc ces réformes urgentes ? La constitutionnalisation de la gestion de la rente pétrolière, la promotion de l'investissement étrangers au détriment des importations, la rénovation de la micro-économie, l'établissement d'une fiscalité foncière sont entre autres les principaux axes à réformer par "une gouvernance transparente et responsable", pour éviter "l'iceberg".

Des réformes qui s'articulent sur des "virages" économique, énergétique, de redistribution sociale, du système éducation, de santé et des technologies de l'information et de la communication. Ce qui implique "une nouvelle approche d'aménagement du territoire, des politiques de la ville et du développement de nouveaux ensembles urbains", rajoute le communiqué.

Toutefois, "point de virage sans réparer le système de navigation et de gouvernance". La réalisation de ces réformes passe ainsi par le changement de la gouvernance. "Il s'agit, selon Nabni, d'engager une transition vers un État de D.R.O.I.T.S, Détaché de la rente, Redevable, Ouvert, Inclusif, Transparent et Stratège.

Seule une démocratisation de l'État, "qui réduira ce fossé entre gouvernants et citoyens", favorisera la mise en oeuvre de ce Plan d'urgence, soutenable sur plusieurs années.

"L'alternative à l'iceberg est une Algérie meilleure, pour tous, qui nous rapproche de notre idéal de progrès et de justice sociale, et qui le renforce", conclut le communiqué.

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