MAGHREB
18/02/2015 10h:25 CET | Actualisé 18/02/2015 12h:33 CET

Attaque contre l'ambassade américaine en Tunisie: Deux à quatre ans de prison pour 20 accusés

Manifestations autour de l'ambassade américaine, le 14 septembre 2012 à Tunis. (AP Photo/Amine Landoulsi)
ASSOCIATED PRESS
Manifestations autour de l'ambassade américaine, le 14 septembre 2012 à Tunis. (AP Photo/Amine Landoulsi)

Vingt Tunisiens accusés d'avoir participé à l'attaque par des manifestants de l'ambassade américaine en septembre 2012 ont été condamnés à des peines allant de deux à quatre ans de prison, a indiqué mercredi le porte-parole de la Cour d'appel de Tunis à l'AFP.

Le verdict est bien plus lourd que celui prononcé en mai 2013 en première instance, lorsque les mêmes prévenus avaient été condamnés à deux ans de sursis pour leur participation au saccage de l'ambassade et de l'école américaines en réaction à un film islamophobe diffusé sur internet.

Douze accusés ont été condamnés par contumace à quatre ans de prison, selon le porte-parole de la Cour, Karim Chebbi. Sept autres prévenus ont été condamnés à deux ans de prison et un huitième à deux ans et demi de détention.

À l'audience de mardi, seuls six accusés étaient présents et tous ont nié avoir participé à la manifestation et aux heurts qui s'en étaient suivi avec la police, et s'étaient soldés par la mort de quatre manifestants.

Les personnes condamnées par contumace pourront demander la tenue d'un nouveau procès si elles se rendent à la justice. Les huit autres peuvent pour leur part encore se pourvoir en cassation.

Les autorités tunisiennes et les États-Unis avaient vivement critiqué les condamnations avec sursis des 20 accusés en première instance si bien que le parquet avait fait appel. Il aura finalement fallu près de deux ans pour que l'audience ait lieu mardi après de multiples reports.

Après l'attaque de l'ambassade, le gouvernement tunisien, dirigé à l'époque par le mouvement islamiste Ennahda, avait été accusé par ses détracteurs d'avoir fait preuve de laxisme voire de complicité avec les manifestants, thèse reprise mercredi par la défense pour qui les accusés sont des boucs émissaires.

Des centaines de manifestants, dont certains brandissaient des bannières de mouvements salafistes, des pierres et des objets tranchants ou contondants, s'étaient rendus à pied à l'ambassade, où seul un dispositif de sécurité minimal était en place. Celui-ci avait été rapidement débordé.

Tunis considère que l'organisateur de la manifestation était le mouvement salafiste "jihadiste" Ansar Al-Charia, aujourd'hui classé "terroriste" par le gouvernement.

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