ALGÉRIE
18/02/2015 16h:56 CET | Actualisé 18/02/2015 17h:27 CET

Mohamed Meziane, ex-PDG de Sonatrach, se dit victime "d'un règlement de compte à haut niveau"

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Mohamed Meziane, ex-PDG de Sonatrach poursuivi pour des faits liés à la corruption, s'est dit "victime" lui et 18 autres ex-responsables de la compagnie "d'un règlement de compte à un très haut niveau", dans un entretien accordé au quotidien francophone El Watan, où il a révélé quelques détails liés à l'affaire Sonatrach I.

Mohamed Reda Meziane se demande bien comment il s'est retrouvé "chef d'une association de malfaiteurs". Tous les contrats pour lesquels il est poursuivi "ont été traités et étudiés par le comité exécutif et les commissions des marchés" de la compagnie pétrolière, a-t-il indiqué.

"Je n'ai fait qu'appliquer la procédure interne (...)", a affirmé Mohamed Meziane, tout en soulignant sa gestion "transparente" dont ont témoigné 247 témoins interrogés par le juge d'instruction selon lui.

"Comment se fait-il qu'aujourd'hui, je me retrouve chef d'une association de malfaiteurs ?", s'est-il ainsi interrogé.

L'ex PD-G de Sonatrach estime que "des choses se seraient passées à haut niveau", sans qu'il soit informé. S'il a avoué avoir eu "quelques soupçons" sans aucune preuve formelle autour de "certains contrats", il a affirmé qu'il respectait la hierarchie, et "vouait tout le respect à son ministre".

"Je faisais mon travail normalement. Je recevais ses directives et ses instructions par écrit et par téléphone. Il était informé de tous mes actes de gestion, par les courriers que je lui adressais".

Mohamed Meziane a également évoqué Réda Hameche, son chef de cabinet et homme de confiance de Chakib Khelil. "Il a été nommé par le ministre (...). Son bureau, au fond du couloir, lui permettait d'avoir l'oeil sur toutes mes allées et venues", a-t-il indiqué à El Watan.

C'était le même ministre qui instruisait à l'ex-PDG de Sonatrach de ne pas refaire la procédure d'avis d'appels d'offres, quand même de nombreux soumissionnaires "disparaissaient en cours de route", pour ne laisser que deux ou trois d'entre eux. Ce qui était contraire à la R14, procédure qui plaidait l'élargissement des soumissionnaires, obligeant par la même occasion l’administration à annuler l'appel d'offres s'il y'avait qu'une seule offre.

"Parfois, nous étions obligés à ne pas refaire un autre avis d'appel d'offres en raison de l'urgence, ou de la complexité du marché. Souvent, c'était le ministre lui-même qui nous instruisait de ne pas refaire la procédure d'avis d'appel d'offres et de continuer avec les soumissionnaires qui restaient", explique-t-il.

Mohamed Meziane a cité le marché GK3 avec Saipem. "Au début il y avait plusieurs offres, mais à la fin seules deux étaient restées, dont celle de Saipem, qui était de 60% plus cher. Fallait-il refaire l'avis d'appel d'offres ou continuer ? Nous étions devant un dilemme parce que le projet était urgent. (...) J'ai demandé une négociation autour du prix en tablant sur une baisse d'au moins 25 à 30%. Le ministre n'était pas d'accord. Il a proposé par écrit un niveau de 12,5% de baisse de prix."

L'ex-PD-G de Sonatrach, qui a souligné que les prix n'étaient toutefois pas de ses prérogatives et que son rôle n'était pas "d'intervenir dans les contrats", a ainsi indiqué qu'il y'a eu "peut-être une entente à un plus niveau", qu'il situe à celui du ministre ou encore plus haut".

Nous avons fait les frais d'une lutte d'intérêts à un très haut niveau. Les enjeux peuvent être autant politiques que financiers. "Nous sommes victimes d'un règlement de comptes, a-t-il conclu.

Le tribunal criminel d'Alger examinera l'affaire "Sonatrach I" le 15 mars prochain. Ce procès "révélera beaucoup de choses", a estimé le principal accusé, Meziane Mohamed, qui s'est dit être "très confiant en la justice".

LIRE AUSSI: L'affaire Sonatrach1 devant la justice le 15 mars prochain

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