ALGÉRIE
18/02/2015 10h:43 CET | Actualisé 18/02/2015 17h:38 CET

Malek Alloula est parti mardi, à l'âge de 77 ans, en plein exercice de la passion d'écrire

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"Il est un terme où j’arrive toujours

À la tombée de la nuit

Un aveuglement ancestral

Dont je retrouvais le sens circulaire

D’où partaient ces voix

Pour parler si calmement de la mort

Comme d’une lampe éteinte avant la débâcle".

L’auteur de ces vers somptueux, Malek Alloula, poète et écrivain, est mort mardi, à l’âge de 77 ans, à Berlin où il se trouvait en résidence d’écriture. Autant dire en plein exercice d’une passion prenante et exigeante qu'il a entretenu et l'a entretenu durant toute sa vie.

Il s’en va quelques jours seulement après le décès d’Assia Djebar, décédée le 6 février, dont il a été l’époux. Malek Alloula, était le frère du grand dramaturge Abdelkader, qui a été assassiné, en mars 1994. Il sera enterré vendredi prochain, à Oran, à côté de son frère comme il l’a souhaité. Malek Alloula a publié son premier recueil " Villes" en 1969 et il continuera à publier régulièrement des œuvres poétiques et des essais.

Il a publié "Les festins de l'exil" en 2003. Sa dernière œuvre a été un roman-photo intitulé "Paysage d'un retour" publié en France en collaboration avec le photographe Pierre Clauss en 2010.

Malek Alloula, poète raffiné, n'hésitait pas à revendiquer ses origines paysannes affichant avec un certain panache qu'il est un "araoubi" (paysan). Après une enfance très "aroubi" à Ain El Berd, Alloula rejoint la ville d'Oran, avec sa famille, à l'adolescence.

Il participe à la grève historique des étudiants algériens en 1956. Malek Alloula a exercé le métier de journaliste dans l'écho d'Oran puis à Alger Républicain où avait-il dit avec une certaine ironie, lors d'un débat organisé à la suite de la réédition de ses œuvres par Barzakh, il s'est "senti investi d’une mission poétique".

Entre lui et Abdelkader, la différence d'âge était de 20 mois et avait-t-il dit, le lien n'était pas seulement celui de la fraternité mais "presque de la gémellité".

Publications

Villes et autres lieux, éd. Bourgois, Paris, 1979; réédition barzakh, Alger, 2007

Rêveurs/Sépultures, éd. Sindbad, Paris, 1982 ; réédition barzakh, Alger, 2007

Mesures du vent, éd. Sindbad, Paris, 1984 ; réédition barzakh, Alger, 2007

Belles algériennes de Geiser, éd. Marval, Paris, 2001

Le Harem colonial (images d'un sous-érotismes), éd. Slatkine, 1980 et éd. Séguier, Paris, 2001

Alger photographiée au XIXe siècle, éd. Marval, Paris, 2002

Les Festins de l'exil, éd. Françoise Truffaut Éditions, Paris, 2003

L'accès au corps, poésie, Horlieu éditions, 2005.

Le cri de Tarzan, nouvelles, barzakh, Alger, 2008

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