MAROC
18/02/2015 04h:23 CET | Actualisé 18/02/2015 06h:10 CET

Interview exclusive de Younes Boumehdi, patron d'Hit Radio

Hit Radio : l'Afrique, c'est chic
Hit Radio
Hit Radio : l'Afrique, c'est chic

INTERVIEW – La station radiophonique marocaine Hit Radio vient de décrocher deux nouvelles licences pour une couverture nationale en Côte d’Ivoire et aux îles Comores. Avec ces deux nouvelles implantations, la radio rbati est désormais présente dans 9 pays africains. Une première pour une radio marocaine. Le HuffPost Maroc est, donc, allé à la rencontre de Younes Boumehdi, fondateur et PDG de Hit Radio pour en savoir plus sur les stratégies de développement de cette radio marocaine à la conquête de l’Afrique.

HuffPost Maroc: Quelle est la motivation derrière votre expansion massive en Afrique ?

Younes Boumehdi: C’est une volonté qu’on avait depuis la création d’Hit Radio, en 2006. Nous considérons qu’il n’y a pas de raison pour qu’un média marocain comme Hit Radio ne fasse pas comme d’autres médias internationaux qui se déploient au delà des frontières. Hit Radio, dès 2007, avait essayé d'aller vers de nouveaux horizons. Nous avions déposé des demandes en Mauritanie et en Algérie qui n’avaient pas abouties. Nous avons donc essayé de demander en 2009 des licences en France et en Belgique - nous sommes actuellement implantés à Namur. En 2010, nous avons déposé des demandes dans plus de 20 pays dans le continent et à Monaco où nous avons obtenu une licence. En Afrique, ça a mis un peu plus de temps. Il a fallu attendre 2012, pour que l’on obtienne notre première licence en Centre Afrique et on a décliné les années qui ont suivis dans d’autres pays qui nous ont accordé des licences. Ça a nécessité beaucoup de travail et surtout de la volonté.

Quelle est la prochaine étape ?

Nous avons déposé d'autres demandes dans une dizaine de pays différents. Nous espérons aboutir encore dans 4 ou 5 autres pays d’ici fin 2016.

Est-ce que vous comptez vous développer ailleurs qu’en Afrique ?

Oui, notamment en Europe. On est au Portugal depuis l’année dernière, où on est implanté à Lisbonne. On essaie aussi de se déployer en France, notamment. On travaille là dessus. C’est un pays relativement compliqué parce qu’il y a beaucoup de radios et très peu de nouvelles licences. On n’exclut pas de se déployer ailleurs. Sky’s the limit (rires).

Quel est le positionnement d’Hit Radio dans les pays africains où elle est déjà implantée ?

C’est toujours une radio de divertissement musicale à destination des jeunes. Nous avons un positionnement qui est commun de la marque Hit Radio, partout où on s’implante. On vise un public jeune dans des pays où les jeunes sont majoritaires et où il y a très peu de médias qui s’adressent à cette catégorie.

Est-ce que vous avez une idée sur les taux d’audience dans ces pays-là ?

Malheureusement, il n’y a pas d’études d’audience dans tous les pays où on est implanté. Même au Maroc, cela fait deux ans seulement qu’on a une mesure d’audience consensuelle. Nous avons juste des éléments partiels qui nous disent que l’on fonctionne relativement bien.

Au Maroc, vous êtes la 6e radio nationale. Est-ce que vous êtes satisfait de cette position ?

Oui, on est satisfait. Et je pense qu’il y a des marges de progression parce qu’on vise un public spécifique qui sont les jeunes. Et quand on extrait de ces audiences notre positionnement et l’impact qu’on a auprès des jeunes, sur les moins de 25 ans, on est la première radio. Donc, on est bon sur notre cible.

Il y a quelques années, Hit Radio demandait une licence pour lancer une chaine de télévision. Où en est le projet ?

La demande est toujours en cours. Pour l’instant, nous n’avons pas obtenu de licence. On a bon espoir qu’on nous réponde un jour. En attendant, on lancera notre web tv.

Quand est-ce que la web tv sera lancée ?

Je pense que d’ici la fin du premier trimestre de 2015, on devrait avoir une date figée. Elle est prête, nous attendons juste un retour de la HACA pour pouvoir la lancer.

N’avez vous pas envisagé une diffusion par satellite ?

C’est prévu aussi. Si on nous autorise à le faire, nous le ferons.

En novembre dernier, vous avez lancé l’opération Mantsayadch incitant les jeunes à aller s’inscrire aux listes électorales pour pouvoir voter aux prochaines communales. A deux jours de la fin des inscriptions, quelle est votre évaluation de cette opération ?

Elle est multiple. D’abord ce qui est intéressant, c’est de voir que ça a eu un impact sur nos auditeurs et que les gens ont été intéressés par la campagne. C’était un challenge pour la radio de se lancer dans une campagne citoyenne de ce type.

Nous avons fait un clip pour cette opération qui est à plus d’un million et demie de vues sur Youtube actuellement. C’est un succès notable. Le nombre de visites sur le site Mantsayadch et sur les plateformes qu’on a mises en place est aussi très important. On a touché quand même pas mal de gens, en plus des auditeurs que nous avons continuellement. Le seul chiffre que l’on ait pu avoir auprès du ministère de l’Intérieur, c’est le nombre de nouveaux inscrits pendant la période où nous étions en campagne. On nous a indiqué qu’il y avait 240 000 nouveaux inscrits entre octobre et décembre 2014. On se dit que Hit Radio a du jouer un petit rôle là-dedans.

Est-ce que vous pensez qu’une radio musicale comme la vôtre a ce rôle de lancer des campagnes pour inciter les gens à aller voter ?

Au Maroc, une radio qui s’adresse aux jeunes a une responsabilité supplémentaire par rapport à d’autres radios dans d’autres pays. Dans notre pays, je pense que les médias ont un devoir d’essayer d’accompagner la démocratisation et l’implication de jeunes à la chose publique.

LIRE AUSSI:

Afrique: Investissements, business, échanges commerciaux, le Maroc à la conquête du continent

Galerie photoLes musiques qui ont marqué l'année 2014 au Maroc Voyez les images

Retrouvez les articles du HuffPost Maroc sur notre page Facebook.