MAROC
12/02/2015 04h:47 CET | Actualisé 12/02/2015 06h:02 CET

1.200 migrants subsahariens expulsés du camp de Gorougou près de Nador

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IMMIGRATION- Le ministère de l ‘Intérieur a procédé, il y a quelques jours, à l'évacuation de la forêt de Gourougou. En tout, 1.200 migrants ont été déplacés. Des opérations similaires seront menées dans les prochaines semaines.

L'opération, qui a été menée "avec le concours des autorités administratives locales et des différents corps de sécurité", s'est déroulée "dans de bonnes conditions" selon le ministère de l'Intérieur. "Des opérations similaires seront systématiquement conduites pour évacuer tous les endroits squattés par les migrants qui planifient d'organiser des tentatives d'émigration irrégulière" précise un communiqué du département de Mohamed Hassad. La forêt de Gourougou, située à quelques kilomètres de Nador, était justement l’un des lieux abritant un important nombre de subsahariens candidats à l'émigration clandestine.

Le ministère de l'Intérieur justifie cette opération par "les conditions très précaires" dans lesquelles vivaient les migrants, et ajoute que "des femmes et des enfants étaient contraints de vivre au sein de cette forêt par les réseaux de passeurs et de traite des êtres humains". Quelques jours plus tôt, Charki Draiss, le ministre délégué après du ministre de l'intérieur, a révélé que le Maroc a démantelé une centaine de réseaux de trafic d’êtres humains.

L’évacuation de la forêt de Gourougou intervient après plusieurs expulsions menées dans les lieux durant les deux dernières années. Mais surtout un jour après une tentative d'incursion massive menée par 600 migrants, qui a permis à 35 d'entre eux d'accéder à Melilla. Plusieurs militants associatifs ont relevé ce timing, et l’interprétent comme une riposte des autorités sous couvert d’acte humanitaire.

"Une opération policière"

Mehdi Alioua, du Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), condamne ce qu'il estime être une "pure opération policière". Il a déclaré au HuffPost Maroc que "les 1.200 occupants de la foret ont été déplacés dans 24 bus. Ils ont été dispersés un peu partout dans le royaume, notamment dans des bases militaires, dont celle d'Errachidia".

Ensuite "les autorités ont détruit les affaires des migrants, leur ont remis des joggings et des chaussures, et ont contacté les attachés auprès de leurs ambassades respectives, en vue de les rapatrier", raconte-il. "Quand décision d'éloignement des frontières il y a, elle se fait de manière individuelle, et est exécutée en concertation avec le ministère de la Justice.

Or, le ministère de l’Intérieur a adopté une démarche unilatérale. Qui plus est la campagne de régularisation n'a pas encore pris fin, il est donc injustifié d'expulser des migrants ", explique Mehdi Alioua. Le ministre délegué à l’Intérieur, Charki Draiss, vient en effet d’annoncer que la campagne de régularisation allait se poursuivre. Il en a dressé un bilan: sur les 27.300 demandes de régularisation déposées, 18.000 ont été satisfaites.

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