MAGHREB
11/02/2015 10h:05 CET | Actualisé 11/02/2015 10h:07 CET

Tunisie: Slim Chaker et Yassine Brahim dans le Sud après les violences et la grève générale

Facebook/SlimChaker-Brahim

Le gouvernement tunisien a dépêché mercredi deux ministres dans le sud du pays, région pivot de la contrebande avec la Libye agitée par des tensions sociales ayant fait un mort.

Le ministre des Finances Slim Chaker et celui du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale Yassine Brahim sont attendus dans les gouvernorats de Tataouine et de Médenine, a indiqué à l'AFP le responsable de la communication du gouvernement, Mofdi Mseddi.

C'est à Dehiba, dans le gouvernorat de Tataouine à la frontière libyenne, qu'un jeune homme a été tué dimanche lors d'affrontements avec la police.

Les violences avaient été déclenchées par la saisie d'essence de contrebande mais s'inscrivent dans le cadre d'une contestation plus large. Le Sud, qui vit largement de divers trafics avec la Libye et se dit délaissé depuis des dizaines d'années par les autorités tunisiennes, réclame notamment des créations d'emplois.

"Le conseil des ministres a chargé les ministres de se rendre sur les lieux pour s'enquérir de la situation et des revendications sociales", a dit M. Mseddi, en ajoutant que MM. Chaker et Brahim s'entretiendraient avec "les principaux acteurs, notamment la société civile".

Mardi, une large partie du Sud a observé une grève générale. A Ben Guerdane, près du principal poste-frontière avec la Libye de Ras Jedir, des heurts sporadiques ont opposé de jeunes manifestants à la police.

Les syndicats de ces régions, outre des emplois et des investissements, réclament la suppression d'une taxe de sortie du territoire tunisien imposée aux étrangers non résidents depuis octobre et qui nuit, selon les habitants, au commerce avec la Libye.

Ils demandent aussi l'assouplissement des contrôles douaniers sur les transports des marchandises et une enquête sur le "recours excessif" à la force par la police lors des manifestations.

Selon un rapport publié en décembre 2013 par la Banque mondiale, le commerce informel, qu'il soit avec la Libye à l'est ou l'Algérie à l'ouest, coûte à la Tunisie chaque année au moins 1,2 milliard de dinars, soit un peu moins de 600 millions d'euros.

Quelque 328.000 tonnes de produits de contrebande passent notamment par le poste de Ras Jedir chaque année et 20% de la population active de Ben Guerdane vit exclusivement de ce commerce, qui "représente plus de la moitié des échanges bilatéraux avec la Libye".

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