MAROC
10/02/2015 10h:58 CET | Actualisé 12/02/2015 14h:56 CET

Le professeur Chafik Chraïbi, porte-drapeau de la lutte contre l'avortement clandestin au Maroc, démis de ses fonctions

Le professeur Chraïbi, porte-drapeau de la lutte contre l'avortement clandestin au Maroc, démis de ses fonctions
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Le professeur Chraïbi, porte-drapeau de la lutte contre l'avortement clandestin au Maroc, démis de ses fonctions

SANTÉ - Le docteur Chafik Chraïbi, président de l’Association de lutte contre l’avortement clandestin, a été démis de ses responsabilités en tant que chef de service à la maternité des Orangers, à Rabat, où il exerce depuis 30 ans.

Interrogé par le HuffPost Maroc, il indique avoir pris connaissance de cette décision relevant du ministère de la Santé le 27 janvier, à son "grand étonnement" et "pour des raisons totalement injustifiées".

Cette décision est intervenue six semaines après la diffusion d’un reportage pour l’émission "Envoyé spécial", diffusé par la chaîne France 2, sur l’avortement clandestin au Maroc.

Le gynécologue, interrogé par l’équipe de journalistes français, témoignait des conséquences souvent dramatiques des grossesses non désirées.

Le documentaire avait fait polémique au moment de sa diffusion. Selon Libération, le ministre de la Santé, Houcine El Ouardi, aurait menacé de sanctionner le professeur Chraïbi dans un courrier adressé au Conseil national de l’ordre des médecins, au Conseil régional de Rabat, à la Faculté de médecine et au CHU de Rabat, leur demandant de "statuer sur son cas".

Le ministère aurait notamment reproché au gynécologue de laisser entendre, dans le documentaire, qu’il pratiquait des avortements clandestins. Autre raison invoquée par le ministère: le reportage se serait déroulé sans autorisation préalable.

Dans une tribune publiée fin décembre dans le HuffPost Maroc, le docteur affirmait le contraire, expliquant que toute l’administration de l’hôpital était au courant de ce tournage, et estimant qu’il n’avait "nullement été nuisible à l’image de la maternité", mais qu’il montrait au contraire "une réalité quotidienne sur laquelle les autorités doivent se pencher".

"Mes relations avec M. le ministre ont toujours été excellentes et j'espère que ce malentendu ne viendra pas les ternir surtout que nous comptons encore beaucoup sur son soutien", concluait-il.

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