MAGHREB
21/01/2015 06h:12 CET | Actualisé 21/01/2015 06h:29 CET

Tunisie: Amnesty International condamne la sentence du blogueur Yassine Ayari

Facebook Page Officiel Yassine Ayari

Après l'annonce de la condamnation du blogueur tunisien Yassine Ayari, Amnesty International a dénoncé cette sentence touchant à la liberté d'expression.

Yassine Ayari a été condamné ce mardi 20 janvier à une année de prison ferme par la justice militaire pour avoir "porté atteinte à l'armée" après avoir fait appel à sa première condamnation.

"La peine de prison d'un an imposée aujourd'hui à Yassine Ayari par un tribunal militaire expose l'étendue des limites à la liberté d'expression en Tunisie. Personne ne devrait être emprisonné simplement pour avoir critiqué des fonctionnaires publics ou des institutions de l'Etat. Il est grand temps pour les autorités tunisiennes d'abroger toutes les lois qui criminalisent la diffamation et qui permettent aux tribunaux militaires de juger des civils", a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

L'organisation des droits de l'Homme a également signalé la manière dont s'est déroulé le procès du blogueur tunisien. D'après l'association, les journalistes n'ont pas été autorisés à assister au procès. Le Président du tribunal militaire, en réponse aux complaintes des avocats, a lancé: "Ce n'est pas un tribunal, mais une casernes [militaire]."

A la suite de cela, la plupart des avocats de la défense ont quitté la court en signe de protestation. En conséquence, les avocats de la défense n'ont pas défendu leur client et seuls des points de procédure ont été soulevés.

Suite à l'arrestation du blogueur, la nuit du 25 décembre, et de sa première comparution devant le tribunal militaire, Reporters Sans Frontières avait exprimé ses vives inquiétudes quant à la compétence du tribunal militaire en matière de jugement de civils.

Yassine Ayari a été un activiste sous le régime déchu de Ben Ali, et a continué à être actif après la révolution. Il est le fils d'un colonel de l'armée tué en mai 2011 dans des affrontements avec un groupe de jihadistes à Rouhia, dans le nord-ouest de la Tunisie.

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