MAGHREB
20/01/2015 12h:15 CET | Actualisé 20/01/2015 12h:34 CET

Tunisie: Yassine Ayari condamné à un an de prison ferme pour "atteinte à l'armée"

Yassine Ayari
Amine Ghrabi/Flickr
Yassine Ayari

Le blogueur tunisien Yassine Ayari a été condamné mardi par la justice militaire à une année de prison ferme pour avoir "porté atteinte à l'armée" après avoir fait opposition à une première condamnation de trois ans de prison.

"La cour pénale du tribunal militaire de Tunis a décidé la condamnation de Yassine Ayari à une année de prison" a annoncé la magistrate après une audience houleuse, selon un journaliste de l'AFP.

"C'est un procès injuste et nous allons interjeter appel", a réagi à l'AFP l'un des avocats du blogueur, Me Mohamed Chérif Jebali.

"Ce procès est un règlement de compte à mon encontre pour avoir critiqué des responsables dans l'armée", s'est défendu le blogueur de 33 ans devant la magistrate avant l'annonce du verdict.

Des dizaines de manifestants ont réclamé devant le tribunal la "libération immédiate" du blogueur et la fermeture de ce dossier "portant atteinte à la liberté d'expression".

"A bas les procès militaires", "Ne touchez pas à notre liberté d'expression" ou "Non au retour à la dictature", ont scandé les manifestants.

"La liberté d'expression est le seul acquis de la révolution et aujourd'hui on voit un blogueur condamné durement par un tribunal militaire pour avoir critiqué l'armée", a déploré le coordinateur de la défense du M. Ayari, Me Malek Ben Amor

Lors d'un premier procès, M. Ayari avait été condamné par contumace le 18 novembre à trois de prison pour avoir diffamé des officiers et cadres du ministère de la défense, publié des rumeurs pouvant provoquer la confusion chez les unités militaires, et accusé des responsables d'infractions financières et administratives sans présenter de preuves, selon ses avocats.

Interpellé le 25 décembre à son arrivée de Paris, puis transféré à une prison près de Tunis, il avait fait opposition au jugement.

M. Ayari était un activiste sous le régime déchu de Ben Ali, et a continué à être actif après la révolution. Il est le fils d'un colonel de l'armée tué en mai 2011 dans des affrontements avec un groupe de jihadistes à Rouhia, dans le nord-ouest de la Tunisie.

Ces derniers mois, il s'est montré très critique envers le parti Nida Tounes, vainqueur des législatives, et son chef Béji Caïd Essebsi, le nouveau président tunisien élu le 21 décembre.

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