ALGÉRIE
28/12/2014 11h:10 CET | Actualisé 14/05/2015 14h:12 CET

L'Algérie réalise son premier forage de gaz de schiste

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C'est fait. L’Algérie vient ce samedi 27 décembre d'allumer sa première torche de gaz de schiste dans le bassin de l’Ahnit, près d'In Salah dans la wilaya de Tamanrasset. Le pas a été franchi vers la l'exploitation des sources d'énergies non conventionnelles.

L’Algérie a, rapporte l'Agence de presse algérienne (APS), effectué avec succès son premier forage pilote de gaz de schiste dans le bassin d’Ahnet, qui s’est avéré ‘‘très prometteur’’,selon le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi qui assistait à l’événement en compagnie d'une importante délégation.

«Il s’agit de deux puits horizontaux d’exploration et d’un puits vertical d’écho, opérés par la Sonatrach en effort propre et qui sont à différents degrés d’avancement », ont expliqué les ingénieurs sur le site des forages.

Ce premier puits-pilote foré par Sonatrach en effort propre a confirmé l’existence de réserves importantes de gaz de schiste dans le bassin d’Ahnet, situé à In Salah, à 50 Km de Tamanrasset, selon M. Yousfi.

Le forage du premier puits, baptisé AHT1H1, a été achevé en quatre mois et la première fracturation hydraulique a été opérée «avec succès», a estimé le ministre. Il en veut pour preuve, la torche allumée indiquant la présence du gaz de schiste.

Ce puits ‘‘nous laisse envisager la possibilité d’aller de l’avant dans l’exploitation éventuelle de ces ressources gazières non conventionnelles’’, a-t-il poursuivi, en précisant que les études menées dans le bassin d’Ahnet, grâce à ce premier forage, ont permis de révéler l’existence d’un troisième périmètre contenant du gaz de schiste, qui s’étend sur 100.000 km2, a fait savoir M. Yousfi.

Concernant le bassin, Yousfi avance que «les estimations des réserves faites par Sonatrach pour Ahnet tablent sur deux milliards de m3 pour chaque km2, soit des réserves globales de 200.000 milliards de m3 de gaz pour tout ce bassin, dont 10% peuvent être extraites, soit 20.000 milliards de m3 de gaz récupérables».

Avec l’exploration, en attendant l’exploitation réelle de cette nouvelle source d’énergie, se pose une énième fois la question de l’environnement et notamment le risque de pollution de la nappe phréatique qui alimente la région et le transfert des eaux InSlah Tamnarsset survenu depuis peu de temps.

Le ministre des ressources en eau, M. Necib, ainsi que ministre de l’environnement, Mme Boudjemaâ, tous deux de cette délégation partie à In Salah, se sont déclarés rassurés par les experts.

«Les points d’ombre ont été éclaircis : la quantité d’eau utilisée dans la fracturation hydraulique n’excède pas les 7000 m3 et elle est réutilisable pour d’autres opérations de fracturation », a précisé M. Necib.

Les experts de Sonatrach, estiment pour leur part, que le risque n’est pas plus élevé que pour les hydrocarbures fossiles. «L’effort doit être fait sur la cimentation des puits», soutiennent certains ingénieurs sur place un ingénieur.

Le ministre de l’énergie affiche un optimisme à tout épreuve en parlant de "nouvelle aventure pour l’Algérie" qui permettra de disposer de "l’une des plus grandes réserves d’énergie dans le monde". Ce qui va selon lui, "ouvrir de nouvelle perspectives économiques pour l’Algérie avec pas moins de 8.000 emplois pour 2015".

Dans le même bassin d’Ahnet, le groupe Sonatrach a déjà entamé le forage d’un deuxième puit-pilote, AHT1 H1, sur les cinq puits d’exploration prévus à cet effet.

La phase de développement qui précède celle de la production pourrait intervenir dans trois ans, selon les estimations du groupe Sonatrach, rapporte l'APS.

Cependant, la phase production ne pourrait être envisagée que si la rentabilité commerciale du gaz d’Ahnet est prouvée, a affirmé le ministre.

Pour le bassin d’Ahnet, comme pour d’autres projets de production des hydrocarbures, le groupe Sonatrach affirme qu' une gestion intégrée des rejets de forage est assurée pour une meilleure protection de l’environnement, qui permet de recycler et de réutiliser de la boue ainsi que les eaux utilisées sur chantier dans l’opération de la fracturation hydraulique qui libère le gaz de schiste de la roche qui le renferme.

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