MAROC
26/12/2014 14h:33 CET | Actualisé 11/03/2015 08h:42 CET

Certains ministres et hommes politiques sont des serial twitters, d'autres sont là juste pour la forme (INFOGRAPHIE)

RÉSEAUX SOCIAUX – Les personnalités politiques marocaines et les ministres présents sur Twitter sont encore peu nombreux, la majorité d’entre eux snobant encore cet espace d’expression. Quant aux rares qui ont décidé de moderniser leur communication, ils le font avec plus ou moins de bonheur.

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Le presque geek

Saâdeddine El Othmani, l'ancien ministre des Affaires étrangères, semble être le seul homme politique à avoir compris les exigences de la communication digitale. C’est ainsi qu’il gére professionnelement son compte Twitter qu’il a confié à une équipe dédiée, tout en intervenant personnellement de temps en temps.

Les actifs

Le ministre de l’Industrie Moulay Hafid El Alamy twitte peu et interagit rarement avec les twittos. Il s’est tout de même distingué le 4 décembre via un tweet de soutien à la campagne de solidarité, “100 dhs pour aider”, en faveur des victimes des inondations qui ont frappé le sud du Maroc.

"Ce tweet a été perçu par les internautes marocains comme un signal du sérieux de cette campagne alors qu'elle n'avait pas encore été autorisée officiellement”, décrypte Marouane Harmach, consultant en stratégie digitale, et auteur de plusieurs études au sujet de la communication politique sur les réseaux sociaux.

Moulay Hafid El Alamy l'a aussi fait en annonçant sur Twitter le retrait du code numérique, projet qui avait déclenché une polémique. Le ministre de l’Industrie a été très actif en twittant régulièrement lors du Sommet global de l'entrepreunariat tenu à Marrakech.

Même s’il publie beaucoup, le ministre du Tourisme, Lahcen Haddad, a une stratégie de communication inadaptée au “mood” de Twitter. Un mood bâti sur des commentaires ou activités d'ordre personnel.

C’est ainsi qu’il ne twitte aucune information qui lui soit propre, mais se contente de relayer des positions officielles ou des articles positifs sur le tourisme marocain. “C’est un peu la MAP des ministres présents sur Twitter”, juge Marouane Harmach.

Pour la petite histoire, le compte de Lahcen Haddad été largement trollé lorsqu'il a publié une photo de lui à Barcelone. Il a été critiqué par des membres de la Twittoma lui reprochant de partager un cliché de vacances à l’étranger, au lieu de passer ses congés au Maroc pour montrer l’exemple en tant que ministre du Tourisme.

“Il a à mon sens mal géré ce buzz négatif. Il a dans un premier temps nié le fait que c’était une photo de vacances prise en Espagne, avant de la remplacer dans la foulée”, estime Marouane Harmach. Ce bad buzz a même été à l'origine d'un hashtag: #tweetcommehaddad, rappelle-t-il.

Les pseudoactifs

Le ministre des Sports, Mohamed Ouzzine, actuellement sur la sellette, a un compte Twitter quasiment inactif, même s'il a eu la présence d'esprit d'annoncer récemment sur le réseau la demande de report de la CAN par le Maroc.

Mais il n’a pas continué sur sa lancée pour autant, ne publiant rien quant à la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer l’organisation de la compétition au Maroc.

C’est que Ouzzine est clairement "facebookien" pour reprendre le jargon des spécialistes.

Les inactifs

Le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a un compte depuis 2011 qui est même référencé sur la page du gouvernement. Mais Benkirane ne publie quasiment rien, et il n'est du coup absolument pas dans l'interaction avec la Twittoma.

Les intermittents du spectacle…virtuel

Ahmed Chami a été très actif quand il était ministre de l’Industrie. Presque par devoir professionnel puisqu’il chapeautait aussi les nouvelles technologies. On l’a aussi beaucoup vu twitter lors de la campagne électorale des législatives de 2011. Mais depuis près d’un an, il a disparu des radars sur les réseaux sociaux.

L’ancien ministre des Sports, Moncef Belkhayat, a été un temps un “serial twitter”, n’ayant pas peur de créer des polémiques avec des membres de la Twittoma, qui en avaient fait leur tête de turc. Il s’est beaucoup calmé depuis qu’il n’a plus de fonction officielle, mais continue de “gèrer néanmoins son compte intelligemment”, selon Marouane Harmach.

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