MAROC
23/12/2014 04h:18 CET | Actualisé 23/12/2014 15h:09 CET

Maroc: Inondations, effondrements, infrastructures défaillantes, pédophilie, mauvaise gouvernance, escroqueries et aucun responsable pour assumer

BILAN - Le pays est victime de maux récurrents qui ont plombé 2014 comme les années précédentes. Le point sur 12 mois de catastrophes.

Un toît au dessus de la tête, une épée de Damoclés en fait

Le 11 juillet, trois immeubles s’effondrent dans le quartier Bourgogne de Casablanca, faisant 23 morts et une cinquantaine de blessés.

Avant qu’une enquête soit diligentée, et bien que les causes du drame ne soient pas connues, les autorités désignent d’abord le maçon comme responsable, ce qui ne manquera pas de susciter moqueries et indignation, signe qu’on pend le coiffeur alors que le minaret s’est effondré comme le dit l’expression populaire.

L’affaire n’est pas close, car dix personnes sont encore poursuivies notamment pour "homicide involontaire": un moqaddem, des techniciens municipaux, un ingénieur d'état et les deux fils du propriétaire. En décembre 2014, les habitations menaçant ruine font de nouvelles victimes à Casablanca et à Safi.

Bilan: 4 morts et plusieurs blessés. La cause du drame est la pluie, cette fois-ci.

Quand le Sud boit la tasse

La météo fait incontestablement la pluie et le beau temps au Maroc. Une trentaine de morts, des dizaines de maisons détruites, des ponts et des routes encore impraticables, c’est le bilan des inondations qui ont frappé le sud en novembre dernier.

Les dégâts sont tels que Guelmim, une des villes les plus touchée, a été déclarée "zone sinistrée" le 29 novembre. Coupée du monde, sans abri, une partie de la population victime des intempéries reste tributaire depuis le drame des aides humanitaires.

Au pays de Caf..Ka

"On demande le report de la CAN. Le risque d’Ebola existe bel et bien et on n’a pas le droit d’hypothéquer la santé des Africains", a martelé dans les médias le ministre des Sports, Mohamed Ouzzine. Sauf que son argumentaire était contradictoire.

Des voix critiques lui ont rappelé que le Maroc avait abrité, lors des éliminatoires de la compétition, les matchs de la Guinée, un des pays les plus touchés par Ebola. Un fait obtus auquel Ouzzine répondait, tout sourire, que "la décision du Maroc est prise".

Résultat: une disqualification possible des Lions de l’Atlas pour la CAN 2017 et des sanctions financières, qui tomberont sous peu.

Non mais à l’eau quoi ?

De tout le Mondialito dont s’est enorgueilli le Maroc, on retiendra qu’une image peu glorieuse: des raclettes, des sceaux de peinture, des éponges et des bougres, sous la pluie, maniant le tout pour éponger le gazon du stade de Rabat.

Un spectacle qui n’a pas manqué de susciter railleries des commentateurs sportifs et indignations sur la Toile marocaine. Le ministre des Sports, Mohamed Ouzzine, encore lui, diligente une enquête, suspendant au passage le directeur des sports de son département et son secrétaire général.

Il est à son tour mis sur la touche par le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, sur instruction de Mohammed VI, en colère face à ce couac.

Le train-train mortel de l’ONCF

Habits ensanglantés, des hommes, des femmes et des enfants en pleurs crient au secours.

Ce 27 août, au milieu de la journée, un accident peu commun a eu lieu au niveau de la gare de Zenata. Le train assurant la liaison Casablanca-Fès a percuté un train de fret en arrêt, tuant une personne et blessant une trentaine d’autres.

Le déraillement est dû "une erreur humaine", le chauffeur s’étant trompé d’itinéraire, a expliqué l’ONCF qui a illico diligenté une enquête, comme l’imposent les circonstances.

" Je suis prêt à démissionner si l’enquête prouve que je suis responsable de l’accident", a lancé Rabie Khlie, DG de l’Office. Il ne quittera pas ses fonctions, l’enquête ayant conclu que le conducteur et le chef du train n’ont pas respecté le signal d’arrêt.

Pédophilie, les cas se ramassent à la pelle

De nouvelles affaires de pédophilie ont secoué l’opinion publique marocaine en 2014.

Le dernier en date: un Italien sexagénaire, accusé d’agression sexuelle sur un mineur, a été arrêté le 7 décembre à Marrakech. Un mois plutôt, un ressortissant Français, soupçonné d'agressions sexuelles sur onze enfants, toujours dans la ville ocre, a fait l'objet d'une enquête de la police judiciaire.

En juillet, un Allemand a été condamné pour le même crime à six mois de prison ferme en appel par le tribunal de Tétouan. Avant lui, un Britannique a écopé, en avril, de vingt ans de prison pour "enlèvement" et "tentatives de viol" sur mineures.

Défaut de fabrication et reddition des comptes

Ce qu’il est convenu d’appeler le scandale de "Madinat Badès", ce complexe résidentiel lancé à El Hoceima par la Compagnie générale immobilière (CGI), mène devant le juge le directeur de la CDG, Anas Alami, celui de la CGI et 22 autres responsables du groupe.

L’affaire remonte au mois d’août, lorsque Mohammed VI, alerté par des plaintes de clients de la CGI, ordonne aux ministères de l’Intérieur et des Finances de trouver "des solutions immédiates aux problèmes des bénéficiaires d’un lotissement à Al Hoceima."

L’enquête ne touche plus d’ailleurs que Madinat Badès mais aussi les projets immobiliers de la CGI à Tanger et à Nador.

Retrouvez les articles du HuffPost Maroc sur notre page Facebook.