MAROC
22/12/2014 09h:08 CET

Lutte contre la corruption au Maroc : Ramid défend son bilan

TÉLÉVISION - Invité le 18 décembre dans l’émission Mouwati al Yaoum, sur Médi1TV, Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des Libertés, s’est attelé à l’exercice de dresser le bilan du gouvernement en matière de lutte contre la corruption, l'un des principaux slogans du PJD, qui avait fait de la moralisation de la vie publique un de ses chevaux de bataille. Résumé.

D'entrée de jeu, le présentateur plante le décor: "pourquoi n'avons-nous pas avancé malgré les efforts fournis? La corruption est-elle devenue une fatalité impossible à affronter? Peut-on gagner la bataille sans réformer la justice?"

Autant de questions auxquelles le ministre tentera de répondre, non sans rappeler que le gouvernement a, en réalité, hérité d'un "lourd bilan" en matière de corruption et de trafic d’influence.

Mustapha Ramid fait donc le bilan des réalisations accomplies par le gouvernement, encore insuffisantes selon ses propres dires. Il cite d'abord le projet de la loi organique relative à la loi de Finances "qui permettra au Parlement d’étendre son contrôle" à l’intégralité des recettes et des dépenses autorisées par la loi de Finances.

Vient ensuite l’amendement du décret relatif aux marchés publics, qui apporte plus de transparence selon Ramid: selon ce texte, les appels d'offre doivent désormais notifier le montant approximatif de la transaction "pour qu’il y ait concurrence".

Le ministre rappellera également la publication des listes des bénéficiaires d’agréments de carrières et de transports.

Ce bilan répond-il aux aspirations des Marocains? Pas pour Lahbib Talabi. Invité sur le plateau télé, le membre du bureau national de l’Istiqlal explique que "le citoyen ne s'intéresse pas aux chiffres (…) mais aux réalisations concrètes: l'emploi, le salaire, le pouvoir d'achat, l'accès à la fonction publique…".

Le ton montera d’un cran lorsque Lahbib Talabi accusera Ramid de partialité dans le traitement "sélectif" des dossiers liés à la corruption.

Piqué au vif, l’ancien ténor des barreaux sort de ses gonds: "Deux députés de votre parti fuient la justice pour des affaires de corruption. Est-il acceptable que deux députés fuient la justice, l'un depuis un an et demi et l'autre depuis quelques mois?" lance-t-il à l’adresse de l’istiqlalien, lui rappelant au passage que la corruption doit être combattue aussi par "les partis, les associations et les citoyens".

Pour le ministre de la Justice, le traitement des dossiers se fait d’une manière tout à fait transparente et suit la même démarche. Il évoquera, pour étayer son propos, ce délégué du ministère des Habous et des affaires islamiques arrêté la semaine dernière suite à un flagrant délit de corruption.

On retiendra également deux annonces faites par Mustapha Ramid: la mise en place d'une stratégie de lutte contre la corruption ainsi qu’un observatoire de la criminalité qui verront le jour en 2015.

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