ALGÉRIE
13/12/2014 14h:42 CET | Actualisé 13/12/2014 14h:55 CET

Mezrag sur Echourouk TV face à Assoul et Adimi: "Nous avons un accord avec le pouvoir qui est supérieur à la loi"

Après la révélation récente de la tenue en août dernier d’une "université d’été" des éléments de l’Armée Islamique du Salut (AIS) dans le maquis de Jijel, Madani Mezrag est "descendu" sur le plateau de l'émission "polyweek" d'Echourouk TV face à l'avocate Zoubida Assoul, présidente de l'Union pour le changement et le progrès (UCP) et Ahmed Adimi, politologue et ancien officier de l'armée.

L’ancien chef de l’AIS qui est devenu le seul interlocuteur du pouvoir depuis 1997 s’est posé en "victime" et a affirmé avec assurance qu’il y aura un parti qui rassemblera le courant incarné, selon lui, par l’AIS et le Front Islamique du Salut.

Madani Mezrag, qui avait été reçu par Ahmed Ouyahia en qualité de "personnalité nationale" pour les discussions sur la révision de la Constitution a affirmé que l’AIS n’a pas cessé d’activer depuis l’année 2000.

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"L'armée islamique du salut (AIS) conserve toutes ses structures et elle est en contact permanent avec les autorités au niveau de toutes les Wilayas" a-t-il affirmé.

A Mme Zoubida Assoul qui s'étonnait de voir que Madani Mezrag pouvait activer en dehors de la légalité alors qu'elle ne peut, en tant que dirigeante de parti, tenir une réunion sans avoir l'autorisation de l'administration, l'ancien émir de l'AIS a rétorqué: "nous avons un accord avec le pouvoir. Et un accord est supérieur à la loi, celle ne vient que pour essayer de le traduire".

A Mme Assoul qui, une fois de plus, lui faisait remarquer qu’au regard de l’art 26 de l’ordonnance portant mise en œuvre de la charte de la paix et de la réconciliation lui interdisait toute activité politique, l’ancien chef de l’AIS a rétorqué avec assurance que l’AIS n’était pas concernée par cet article et que tous les responsables au sein de l’Etat l’ont affirmé.

L'avocate a répondu que le pouvoir donne un très mauvais exemple en matière de respect de la loi. "On tente de nous ramener en arrière vers les années 90" alors que l'Algérie a besoin de repartir sur une base essentielle du respect de la loi par tous et par le pouvoir en premier.

Madani Mezrag qui a affirmé n’avoir que se "défendre" en montant au maquis dans les années 90 a indiqué avec assurance qu'il y aura un parti politique regroupant le courant incarné par le FIS et l'AIS.

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Pour Ahmed Adimi, il n'y a pas de "hasard" dans la tenue de l'université d'été de l'AIS en aout et la diffusion de l'information ces derniers jours. Pour lui, le pouvoir qui est fragile tente de faire peur aux algériens en leur disant que "le choix est entre lui et le FIS". Le pouvoir se sert des islamistes, dit-il en s’indignant de voir qu’un homme comme Madani Mezrag qui a pris les armes contre l’Etat puisse activer alors qu’Ali Benflis, ancien candidat à la présidentielle, interdit de fait de créer un parti politique.

L'article 26

Art. 26. — L’exercice de l’activité politique est interdit, sous quelque forme que ce soit, pour toute personne responsable de l’instrumentalisation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale. L’exercice de l’activité politique est interdit également à quiconque, ayant participé à des actions terroristes refuse, malgré les dégâts commis par le terrorisme et l’instrumentalisation de la religion à des fins criminelles, de reconnaître sa responsabilité dans la conception et la mise en œuvre d’une politique prônant la violence contre la Nation et les institutions de l’Etat.

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