MAROC
10/12/2014 14h:02 CET | Actualisé 16/12/2014 15h:13 CET

Ces bodybuilders marocains (PHOTOS)

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EGO - Taillés comme des gladiateurs, ces bodybuilders passent leur vie en salle de sport pour se sculpter un corps de rêve. Le HuffPost Maroc est parti à la rencontre de ces fous d'haltères.

La salle située dans le quartier Mers Sultan de Casablanca est un peu sa deuxième maison. Les machines de la salle ont déjà bien vécu. Les murs sont tapissés de photographies de culturistes, ceux de passage dans la salle ou de grandes légendes comme Schwarzi ou Ronnie Coleman.

Mehdi, 17 ans qui a décidé de quitter l’école pour se consacrer au bodybuilding, passe entre 2 et 7 heures par jour à la salle. Pour vivre à fond sa passion, il a dû faire de gros sacrifices: "les sorties, la famille…".

Côté nourriture, c'est pareil : son hygiène alimentaire est très stricte. Il consomme néanmoins des excitants, comme le café pour se booster, allant jusqu’à en boire 14 doses par jour. En plus de ce stimulant naturel, il gobe trente blancs d’oeufs par jour et fait six repas par jour.

85 kilos de muscles

Mehdi prend également des compléments alimentaires, qu'il achète dans des magasins spécialisés. Abdou, 35 ans et 85 kilos de muscles fait seulement des cures de 2 à 3 mois avant des championnats.

Le reste du temps, il carbure aux protéines et aux sucres lents: "une alimentation composée entre autres, de viande blanche et de féculents est primordiale pour favoriser la prise de muscle", précise-t-il.

Ces produits sont en vente un peu partout, dans les marchés, dans des magasins spécialisés ou dans des salles de sports.

"Il faut quand même faire attention à ce qu'on achète, s'assurer de la qualité du produit, parce qu'on peut tomber sur tout et n'importe quoi, et mettre sa santé en danger", confie Hamza, bodybuilder amateur, fier de sa musculature, lui dont on se moquait dans sa jeunesse à cause de sa maigreur.

Pour ce qui est du prix, ce n'est pas donné. Pour certains bodybuilder, cela grimpe très vite à 3000 ou 4000 dirhams pour un mois d’additifs alimentaires. Ajoutez à cela les 1500 dirhams de frais d’inscription à l’année. On l'aura compris, cette passion a un coût…

Attention au dopage

Hamza à bien pensé à prendre des produits anabolisants, interdits à la vente mais facilement trouvables, histoire de doper ses résultats et gagner du muscle plus vite. "Mais bon, quand on sait que cela peu provoquer cancers, stérilité, maux de têtes, troubles cardio-vasculaires ou agressivité, il faut vraiment être inconscient", confie-t-il.

Place à l'entraînement: Mehdi, en pleine séance de développé couché (exercice pour muscler les pectoraux), hurle des injures durant ses séries.

Il dit que ça le motive... Une fois l'exercice terminé, il se lève et jette des oeillades incessantes au miroir devant lui. Narcissisme? En tout cas, son corps, il l’aime et en est fier.

Fierté que partagent tous les bodybuildés que nous avons rencontrés. Il adore porter des petits shorts courts, autant à la salle qu’à l’extérieur, lorsque le temps le permet.

Au dessus de ses hanches, une ceinture de musculation permet de protéger ses lombaires. La barre d’haltère qu’il va soulever, il y ajoute toujours plus de poids que les autres. 90 kilos des deux côtés, soit 180 kilos soulevés à la force de ses jambes. On appelle cet exercice le squatt, un des plus difficiles de la discipline, qui sert à muscler les jambes.

Avant de partir à l’assaut de la barre, il s’encourage et son coéquipier fait de même en lui mettant des claques sur les cuisses. Il s’y reprendra à plusieurs reprises, les jambes tremblantes, le corps secoué par l’effort. Son camarade posté derrière lui rattrapera plus d’une fois la barre, pour la reposer sur son socle. Après plusieurs tentatives, il finira par soulever la barre. Mehdi ne ménage pas ses efforts, espérant gravir un jour les podiums de grandes compétitions internationales.

Partir en Orient

Pour Abdou, qui travaille comme moniteur en salle de sport, la compétition, il connaît déjà ça. Il a participé à plusieurs championnats à Youssoufia, Kenitra, Meknès ou encore à Casablanca et il est arrivé second du Championnat du Maroc et du Championnat du Trône. Il aimerait ouvrir une salle de sport et partir au Qatar ou en Arabie Saoudite qui, selon le jeune homme "organisent de nombreuses compétitions amateurs et peuvent-être un tremplin pour ma carrière".

Galerie photo Un tour dans la salle de sport Voyez les images

Il était une fois, Arnold Schwarzenneger

Au Maroc, les adeptes de musculation sont nombreux. Selon les dernières statistiques de la Fédération Royale Marocaine de Bodybuilding*, il y a 2000 salles dédiées à la discipline sur le territoire, qui comptent 50 à 100 adhérents chacune. Donc environ 150.000 fanatiques d’haltères dans le royaume.

La pratique de ce sport au Maroc ne date pas d’hier. L’essor du bodybuilding à débuté durant les années 40 au Maroc, particulièrement dans les villes de Casablanca et Marrakech.

Selon le magazine TelQuel, "c'est dans les années 80 que le culturisme prend du galon auprès des Marocains grâce au cinéma, notamment lors de la sortie du film Conan le Barbare, interprété par le plus idolâtré des culturistes au monde: Arnold Schwarzenneger". Chaque année, la Fédération organise un championnat du Maroc annuel de Bodybuilding et de nombreux autres championnats amateurs ont lieu dans les villes du royaume.

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