MAROC
08/12/2014 14h:26 CET | Actualisé 02/02/2015 06h:39 CET

Les plus grands sportifs marocains de tous les temps

LÉGENDES - Notre dernier frisson footballistique remonte à cette finale de CAN 2004 perdue face à la Tunisie. On ne vibre plus pour un représentant marocain à Roland Garros depuis l’adieu aux armes des trois mousquetaires. Et nos exploits olympiques en athlétisme ne sont plus qu’on lointain souvenir. Pourtant, nous n’avons pas toujours été mauvais sur la scène sportive internationale. La preuve en 9 portraits.

Hicham El Guerrouj: La légende des pistes

Lui, c’est l’incontournable, probablement le plus grand sportif marocain de tous les temps. Il est désormais loin ce jour de 1996 où Hicham chutait au dernier tour d’une finale de 1500m aux J.O d’Atlanta, laissant son rival d’alors Noureddine Morceli s’envoler vers le titre olympique.

Dès 1997 et ce titre de champion du monde décroché à Athènes, rien ni personne ne l’arrêtera. Recordman du monde du 1500 à Rome en 98, recordman du monde du mile toujours à Rome en 99, record du monde sur 2000m la même année, puis quelques nouveaux suivront avant l’apothéose à Athènes en 2004: un formidable doublé olympique 1500-5000m, que seul avant lui le Finlandais Paavo Nurmi avait accompli en 1924. Un géant…

Étudiant sur le tard (2009), le champion s’inscrit à l‘Université de l’Oregon à Eugene, aux Etats-Unis, où il suit des cours de management et marketing sportif. Car El Guerouj a de la suite dans les idées: de retour au Maroc, l’ex athlète endosse son costume de businessman, il devient distributeur exclusif de la marque Nike.

Marcel Cerdan: The eye of the tiger

Marcel Cerdan, c’est l’une des plus belles success story sportive maroco-française du XXème siècle.

Car même si le boxeur est né en 1916, à Sidi Bel Abbès, en Algérie, d’un père français et d’une mère d’origine espagnole, il est bel est bien Marocain de cœur.

La famille s’installera à Casablanca dans les années 20 et c’est sous l’insistance de son père que Marcel Cerdan commencera la boxe, à huit ans. De combats en combats, le boxeur se fait un nom à la force de ses poings.

Le premier titre de champion de France décroché en 1938 lui donnera le surnom du "Bombardier Marocain" qu’il gardera tout au long de ça carrière.

Il comptabilisera 123 combats et 119 victoires dont 61 par K.O, remportera les titres de Champion de France et d’Europe à la fois en catégorie Mi-Moyen (welterweight) puis en Moyen (middleweight) en y ajoutant un titre de Champion du monde.

Marié avec Marinette Lopez, avec qui il eu 3 enfants, Marcel entretiendra une liaison passionnée avec Edith Piaf.

Il meurt à 33 ans, lors du crash d’avion, alors qu’il qui ralliait Paris-New-York, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la chanteuse française.

Said Aouita: Il court il court le Kenitri

"Ce que tu as fait pour moi, 100 ambassadeurs ne l’ont pas fait". C’est en ces termes que Hassan II a félicité le coureur marocain, à son retour glorieux des JO de Los Angeles, où il obtient la première médaille d’or olympique marocaine.

Né à Kénitra en 1960, Said Aouita est d’abord passionné par le football. Ce n’est qu’à l’âge de 18 ans qu’il se met à la course à pieds. On connait la suite: plusieurs records du monde et des médailles à la pelle.

En 1985, il conforte sa position de champion en bâtant l’un après l’autre, les deux records du monde du 1500 et 5000 m et reçoit dans la foulée le Trophée Jesse Owens qui récompense le meilleur sportif de l’année.

À Rome, il réussit à réaliser une performance historique en descendant sous la barre des 13 minutes au 5000 m. On l’aura compris, Aouita court vite, très vite. Au point que le train navette Casa Rabat porte son nom: Le Aouita.

En 1992, sa carrière de champion s’arrête brutalement lorsqu’il renonce à participer aux jeux Olympiques de Barcelone à cause d’une blessure grave au genou.

Aouita est aujourd’hui consultant pour des chaînes sportives, et a créé une marque de vêtements de sport.

Abdelkébir Ouaddar: Cavalier seul

Ce pilote de l’écurie du roi Mohammed VI est le premier marocain de l’histoire a avoir décroché un ticket pour le jeux équestres mondiaux. Une hérésie, pour un pays historiquement amoureux du cheval, et qui a fait de la fantasia un art majeur.

À travers plusieurs prix glanés ça et là, Abdelkébir Ouadar se fait petit à petit une place au soleil dans le jardin restreint des grands cavaliers de ce monde, et se contente pour l’instant d’être un vrai précurseur au Maroc.

Hafid Alaoui: Il pointe plus qu’il ne tire

Pour faire court, Hafid Alaoui c’est principalement trois titres de champion du monde et six finales. Une première fois dès 1984 à Rotterdam contre une triplette algérienne, une seconde en 1987 à Boumerdès contre une triplette marocaine, et en 1990 à Monaco contre une triplette française. Les experts mondiaux en font le meilleur pointeur actuellement en activité.

Et le meilleur reste à venir ; comme un bon cru, le talent d’un pétanqueur se bonifie avec le temps… Les prochaines olympiades de pétanques pourraient bien se tenir au Maroc. Il y a fort à parier que Alaoui aura l’occasion d’y montrer toute l’étendue de son talent.

Abdelkader Zrouri: Les jambes longues

197 cm pour 90 kg de muscles, ça vous classe de suite un bonhomme. Ce natif d’Oujda installé depuis près d’une décennie en Belgique (dont il a refusé de porter les couleurs) est un monument du TaekWondo au Maroc.

Confortablement installé dans le top ten mondial, Zrouri est le premier taekwondoiste marocain à décrocher une médaille d'argent dans un Championnat du monde en 99, avant de marcher sur le monde à partir de l’année 2004. À trente ans, il facture aujourd’hui 28 médailles dont 19 en or, et se pose comme une valeur sûre du Taekwondo marocain.

Abdelhak Achik: Serrer les poings

En plus d’avoir été une terreur des rings dans les années 80-90, Abdelhak Achik est probablement le boxeur le plus cool et le plus débonnaire de l’histoire de la discipline au Maroc.

Son principal fait d’armes, outre des médailles d’or aux Jeux Méditerranéens de Casablanca, se résume à une médaille de bronze aux J.O de Séoul en 88 (poids plume), qui aurait pu être d’or si une fracture au pouce ne l’avait contraint à l’abandon. Seulement voilà, cette médaille olympique fut la première pour le Maroc dans la discipline, et c’est bien assez pour faire entrer Abdelhak Achik de plain-pied dans la légende.

Younes EL Aynaoui: L'as des aces

Avec son 1.93 mètres, sa crinière qui ne passe pas inaperçue et son redoutable service supersonique, Younes El Aynaoui a sans aucun doute marqué l’histoire du sport vert et rouge. Celui qui a croisé la raquette avec les plus grands noms du tennis mondial a un palmarès qu’aucun joueur marocain n’a pu égaler jusqu’à aujourd’hui.

En janvier 2003, le sportif a même été numéro 1 mondial, après avoir remporté le tournoi de Doha. La même année, il entre dans les annales du tennis lors de l’Open d’Australie, en livrant un match d’anthologie en face de l’américain Andy Roddick. A l’époque, les deux joueurs battent le record du set le plus long de l'ère open, en jouant un match de 5 heures non-stop, dont la dernière manche durera deux heures et 23 minutes.

En 2010, après plusieurs blessures, il décide de tirer sa révérence. A la même époque, ses deux compagnons de route, Karim Alami et Hicham Arazi font de même. La fin d’une belle ère pour le tennis marocain.

Larbi Benbarek: Dieu du stade

Il est l’une des premières grandes stars du foot africain. Surnommé “la perle noire”, Larbi Ben Barek, né en 1917 à Casablanca, fait ses premières armes footballistiques au sein d’un petit club de sa ville, l’Idéal.

Après avoir illuminé les pelouses casaouies, Larbi est vite remarqué de l’autre côté de la Méditerranée, à Marseille. Il débarque dans la cité phocéenne en juin 1938, et devient le deuxième joueur noir à porter le maillot tricolore après Raoul Diagne.

A la veille de la seconde guerre mondiale, en pleine Italie mussolinienne, Larbi joue son premier match au sein de l’équipe de France contre Naples. Le joueur, qui n’a pas la nationalité française, est sifflé par le public italien. En réaction, le Marocain se met à chanter la Marseillaise…

Après un bref retour au Maroc pendant que la guerre fait rage, il s’envole ensuite pour l’Espagne, transféré à l’Atletico de Madrid pour 17 millions de francs. Un record. Brillant sur le terrain espagnol – il remporte deux titres de champion – il revient à ses premières amours et rejoint l’Olympique de Marseille en fin de carrière. A 40 ans, il met finalement un terme à celle-ci, suite à des problèmes musculaires.

Il disparaît alors des projecteurs, se retire dans son pays natal, et meurt en 1992. Son corps n'est retrouvé qu'une semaine plus tard. Décoré de la médaille d’or du mérite par la FIFA à titre posthume, il reste l’un des plus grands joueurs marocains. Pelé, légende du foot brésilien, dira même de lui: "Si je suis le roi du football, alors Ben Barek en était le Dieu".

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