ALGÉRIE
03/12/2014 14h:03 CET | Actualisé 03/12/2014 14h:04 CET

Saipem-Algérie: Tullio Orsi confirme ses accusations contre Paolo Scaroni et apporte des preuves

Wikimedia Commons

L’ancien directeur de Saipem Contracting Algérie, Tullio Orsi, a apporté les preuves qui matérialisent ses témoignages contre Paolo Scaroni, PD-G de l’ENI, dans le cadre de l’enquête sur les pots-de-vin qu’auraient versés Saipem à l’ex-ministre de l’énergie et des mines, Chakib Khelil, entre 2007 et 2009.

Tullio Orsi et Pietro Varone ont fait suite à la demande du juge d’instruction de Milan, Alfonsa Ferraro, "d’enregistrer des preuves" sur l’implication de Paolo Scaroni, rapporte aujourd’hui 03 décembre Maghreb Emergent, citant la presse italienne.

L’ancien directeur de la multinationale italienne a réaffirmé hier ses accusations contre le PD-G de l’ENI. M. Orsi évoque "une réunion tenue dans un hôtel à Paris, à laquelle ont pris part, outre Scaroni, l’ex-ministre algérien de l’Énergie, Chekib Khelil et le courtier Farid Bedjaoui".

Reconnaissant qu’il n’était pas témoin direct de cette rencontre, M. Orsi a déclaré avoir été mis au courant par l’ancien directeur de la division d’ingénierie et de construction en Algérie, Pietro Varone, dont il dépendait hiérarchiquement.

Une accusation formelle de corruption internationale contre Paolo Scaroni a été formulée par les magistrats Fabio De Pasquale, Giordano Baggio et Isidoro Palma, après avoir participé aux "réunions informelles" organisées par Varone, Pietro Tali, PDG de Saipem, par l’intermédiaire de Bedjaoui.

Pietro Varone comparaîtra à son tour devant le tribunal de Milan, en qualité de responsable de l’unité d’affaires On Shore de Saipem SA entre 2005 et 2008, puis de 2008-2011, selon la radio du journal économique italien II Sole24 Ore.

Près de 200 millions d’euros de pots-de-vin

197 millions d’euros auraient été payés par la société Paolo Scaroni Trust à Pearl Parteners, dirigée à Hong Kong par le courtier Farid Bedjaoui, sous un mandat d’arrêt de l’Interpol depuis le mois d’avril.

C’est ce qu’aurait révélé le parquet de Milan à l’issue d’une enquête, dans le cadre d’une commission rogatoire en Suisse, sur le chef de l’ENI.

Celui-ci, en compagnie de Pietro Tali, PD-G de Saipem, Alessandro Bernini, Directeur des finances de la multinationale italienne Saipem et l’algérien Farid Bedjaoui, sont ainsi accusés d’avoir versé 197 millions d’euros à des hommes politiques algériens, notamment Chekib Khelil, pour des contrats de 8 milliards de dollars en Algérie.

LIRE AUSSI: Saipem-Algérie : Les montants pots-de-vin versés à Chakib Khelil et ses proches révélés dans la presse italienne

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