ALGÉRIE
03/12/2014 11h:27 CET

Corruption: L'Algérie recule de 6 places dans le classement 2014 de Transparency International

Capture d'écran

Les classements de Transparency international qui pointent l'indice de perception de la corruption dans le monde se suivent et se ressemblent pour l'Algérie. Le nouveau rapport de l'ONG , “2014 Corruption Perceptions Index” place l’Algérie au 100e rang mondial, en recul de six positions par rapport à l'année 2013 (94e), avec un nombre inchangé de points (36). En 2012, l'Algérie figurait au 105e rang avec 34 points.

Sur ce classement rendu public aujourd'hui 3 décembre, l’Algérie se situe derrière les voisins qui enregistrent de meilleures performances comme la Tunisie (79e avec 40 points) et le Maroc (80e). La Tunisie recule de deux places par rapport à 2103 quand elle figurait au 78e rang mais le Maroc qui était classé 91e réalise un sursaut de 11 places.

Quand à la Libye (116e), déchirée par les conflits, elle réalise une minuscule avancée de 3 points et de 4 places sur ce classement.


Le rapport attribue à chacun des 175 pays sur le classement une note de 0 à 100, du plus corrompu au plus vertueux.

Les affaires de corruption touchent de nombreux secteurs en Algérie. Les scandales, révélés essentiellement grâce à des enquêtes lancées ailleurs tel que l’affaire Saipem en Italie impliquant l'ancien ministre de l'énergie et des mines, Chakib Khelil, en fuite aux Etats-Unis, n’avancent pas la lutte anti-corruption dans le pays.

Pour l’AACC (l’Association algérienne de lutte contre la corruption), branche algérienne de Transparency International, les autorités œuvrent à neutraliser toute perspective de lutte contre la corruption.

L’AACC liste dans un communiqué quelques uns des mécanismes qui rendent impossible la lutte anti-corruption en Algérie: “Mauvaise législation anti-corruption (qui plus est non appliquée), justice complice et relais du pouvoir, organes de contrôle et institutions spécialisées gelés de fait, dénonciateurs systématiquement réprimés”.

Ces pratiques, doublées d’une opacité qui entoure la gestion des affaires de corruption, constituent un climat favorable à la corruption. "Les économies à croissance rapide dont les gouvernements refusent d'être transparents (...) créent une culture de l'impunité dans laquelle la corruption prospère", a souligné à l’AFP José Ugaz, juriste et président de Transparency International.

Même si Transparency International reconnait l’impossibilité de mesurer une activité aussi illégale et dissimulée que la corruption, l’organisation base son classement sur les avis d’experts au sein d’organisations comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de Développement.

Selon l’ONG internationale, la lutte anti-corruption passe par ces institutions. Elle estime que les multinationales du secteur bancaire et les grandes places financières pourraient faire plus pour éviter que certaines élites douteuses dans les pays émergents ne trouvent les moyens de blanchir leur argent mal acquis.

Danemark meilleur élève, Somalie et Corée du Nord derniers de la classe

Les Emirats Arabes Unis avancent d’une place et d’un point par rapport à 2013. Occupant la 25e position, le pays du Golfe est le moins corrompu au Moyen Orient et en Afrique du Nord, Suivi du Qatar (26e), et du Bahrein (55e).

Le Danemark est le pays le moins corrompu au monde, selon Transparency International. Avec 92 points, le pays scandinave occupe la première place du classement et devance la Nouvelle Zélande, deuxième avec 91 points, et la Finlande (3e, 89 points). Le trio de tête est exactement le même qu’en 2013.

Au bas du tableau, le Soudan, 173e (11 points), devance la Corée du Nord et la Somalie. Les deux pays, avec 8 points chacun, n’améliorent pas leurs performances, ils avaient déjà fermé la marche en 2013 avec le même nombre de points.

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