ALGÉRIE
02/12/2014 17h:36 CET | Actualisé 03/12/2014 08h:43 CET

A la Cité des Sources, la partialité de l'administration favorise la spoliation des espaces verts

HuffPost Algérie

Les habitants de la Cité des Sources de la commune de Bir Mourad Raïs (Alger) ne sont pas au bout de leurs peines.

En procédure judiciaire pour dénoncer la spoliation d'un espace vert de 3 hectares, les habitants de la Cité des Sources, représentés par l'avocat Mr. Khaled Bourayou, ont appris que le wali délégué de la daïra éponyme a autorisé un promoteur immobilier d'élargir son terrain spolié pour la construction d'une tour de 14 étages, et empiéter sur un mètre le long d'une propriété publique que constitue un parking.

LIRE AUSSI: Spoliation des espaces verts aux Sources: La mafia foncière et les autorités pointées du doigt

Une expropriation "scandaleuse" au détriment d'une cause citoyenne, au grand dam des résidants de la Cité des Sources, propriétaires légitimes de ce parking "déjà détruit à maintes reprises par le même promoteur".

Une autorisation très contestée juridiquement par M. Bourayou, qui démontre son "illégitimité" juridique dans un entretien accordé à Radio M de Maghreb Emergent.

"Ce qui est exceptionnel dans la décision prise par le wali délégué, c'est la vélocité avec laquelle l'autorisation, qui ne révèle pas de ses compétences, a été accordée. C'est-à-dire dans l'espace de 24h", souligne-t-il.

Preuve à la main, M. Bourayou a par la suite déclaré que le document est un faux. "Nous savons que le promoteur immobilier a un permis pour élever une tour de 14 étages avec 68 logements. Or, le décision du wali délégué en énonce que 24", car elle ne se réfère pas au permis de construire du promoteur.

"Un arrêté de complaisance"

"Nous sommes dans une situation de voie de fait. Cela signifie une mesure que prend une autorité administrative sans se référer à une règle juridique. (...) La demande d'extension de chantier de la part du promoteur est anormale. Cela implique que son chantier ne lui suffit pas, et certaines règles d'occupation ne sont donc pas respectées", indique M. Bourayou.

Autre bavure soulignée par l'avocat du comité des résidants de la Cité des Sources est la décision du wali délégué à nommer le promoteur "responsable de la sécurité des personnes et des lieux".

"Voici une personne qui a commis deux actes répréhensibles, en l'occurrence atteinte à la propriété d'autrui en détériorant à deux reprises un parking, qui se voit chargée de la sécurité des personnes et des lieux", s'indigne-t-il.

Pour Khaled Bourayou, "une très forte personnalité" est derrière ce promoteur immobilier. "Sinon, il n'aurait pas pu obtenir tout ce qu'il a demandé", explique-t-il.

Il déplore ainsi la passivité de "l'administration et du procureur", régit par "une personne qui a intérêt à ce que ce projet (Construction de 68 logements, ndlr) se réalise, pour une plus-value "d'au moins 500 milliards de Da".

"Il est anormal que de graves violations et spoliations ont eu lieu sans que personne ne bouge. C'est dramatique. Nous sommes devant une administration qui n'est pas à la hauteur des ambitions que les citoyens ont mis à leur tête. Une administration absente (...) opaque", conclut-il.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.