MAROC
28/11/2014 13h:05 CET | Actualisé 28/11/2014 14h:35 CET

Maroc: Le GADEM lance son guide juridique et participatif pour les migrants lors du Forum mondial des droits de l'homme

Capture d'écran

DROITS - Dix ans de travail. Dix ans d’expertises juridiques, d’enquêtes de terrain, compilées dans un guide pratique en ligne à l’usage des migrants au Maroc.

Pour l’ouverture du forum mondial des droits de l’Homme à Marrakech, le GADEM a discrètement lancé sa révolution numérique. Avec un site, unique en son genre, qui rassemble toutes les règles relatives au statut des migrants au Maroc. Sous une forme novatrice: le "mindmaping", qui est aux idées ce que le camembert est aux statistiques. Une manière visuelle et intelligible de présenter du contenu compliqué.

Tous les textes juridiques, toutes les conventions internationales signées par le Maroc, accessibles à travers une carte du royaume, organisée en quelques thèmes. Entrée et sortie du territoire, séjour, travail, asile, études, éloignement…

"C’est un projet collaboratif, qui est là pour renforcer les échanges entre les ‘experts’, les ‘veilleurs’ qui sont sur le terrain, et les migrants”, explique Stéphane Branquart de l’entreprise marocaine “Ideomap”, spéclalisée dans le “mindmaping”.

Les experts

Les "experts", ce sont les juristes, qui composent majoritairement le GADEM, et qui aident les migrants à faire valoir leurs droits. Mehdi Alioua, président de l’association, explique que "l’idée, c’est de permettre aux individus de se défendre eux même, et de mettre les autorités face à leur responsabilités, ce qui est justement l’esprit du Forum mondial des droits de l’homme".

Les avocats qui défendent les migrants sont aussi concernés: "Si ça se trouve ils passeront par cette carte, sur leur portable, avant de plaider, ils auront certains éléments, et si ça marche, nous en serons très fiers et très honorés".

Les veilleurs

Les veilleurs sont ceux qui sonnent l’alarme: les associatifs, sur le terrain. Hicham Rachidi, le secrétaire général du GADEM, "ce qui est extraordinaire avec ce genre d’outils, c’est de pouvoir mettre en commun nos forces, notre matière grise, pour travailler ensemble au ‘monitoring’ des politiques publiques".

Hicham Rachidi propose un exemple: "actuellement, le gouvernement est en train de revoir tout le cadre juridique relatif à la situation des étrangers, avec une nouvelle loi sur l’immigration."

Les juristes se chargeront de mettre en ligne cette nouvelle loi, ce qui leur permettra déjà de constater l’évolution de la situation juridique des migrants entre l’ancien cadre législatif et le nouveau. "Après, viendra la phase des pratiques" explique Hicham Rachidi, "comment les agents chargés d’appliquer la loi le feront? De manière positive, neutre et non discriminatoire?".

Les migrants

Enfin, les non ressortissants au Maroc, les premiers concernés. "Certes, Les non ressortissants au Maroc ont un accès à Internet est conditionné, mais un site internet est toujours plus accessible qu’un guide sur papier!" explique Stéphane Branquart. Le site est à la fois un outil pour apprendre leurs droits aux étrangers, mais aussi une plateforme pour recueillir leurs témoignages. Mais attention, "Nous, nous vérifions" explique Hicham Rachidi, en montrant l’exemple, sur le site, d’un "témoignage certifié".

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