MAROC
24/11/2014 14h:15 CET | Actualisé 24/11/2014 14h:17 CET

Dix films marocains qu'il faut avoir vus (VIDÉOS)

CINÉMA - De "Casanegra" à "Ali Zaoua", en passant par "Wechma" ou "Les yeux secs", petite sélection de dix films marocains qui ont marqué les générations.

Casanegra

Sorti en 2008, "Casanegra" suit la vie de Karim (Anas El Baz) et Adil (Omar Lotfi). Les deux amis d’enfance vivent de petits boulots et de larcins dans les quartiers pauvres de Casablanca, qu’ils rebaptisent "Casanegra". L’un croit en son histoire d’amour avec une jeune fille riche, l’autre rêve d’aller en Suède. Les deux amis se laissent finalement tenter par la proposition de Zrirek, un mafieux local, pour réaliser un gros coup. Le film de Nour-Eddine Lakhmari, l’un des rares films marocains à utiliser la parole de la rue d’une manière crue, a été maintes fois primé et a rencontré un franc succès auprès du public marocain et étranger.

Transes

Ce docu-fiction d’Ahmed El Maanouni sorti en 1981, qui retrace la vie du célèbre groupe Nass El Ghiwane, aurait sauvé de la dépression le réalisateur américain Martin Scorsese. C’est en regardant le film sur une chaîne câblée à New York, alors qu’il préparait son prochain film, que Scorsese a décidé d’utiliser la musique des Nass El Ghiwane - qu’il surnomme les "Rolling Stones du monde arabe" - pour la bande-son de "La dernière tentation du Christ", sorti en 1988. Il a également tenu à rendre publiquement hommage à Maanouni lors de l’édition 2007 du Festival international du film de Marrakech.

Mort à vendre

Sorti en 2011, "Mort à vendre" aurait dû faire passer son réalisateur, Faouzi Bensaidi, du film d’auteur au cinéma grand public. Le thriller suit les aventures de trois jeunes délinquants qui se rêvent "barons de la drogue", mais dont les plans vont se trouver perturbés par leur rencontre avec une prostituée. Applaudi lors du festival international du film à Marrakech au moment de sa diffusion, "Mort à vendre" n’a cependant pas eu le succès populaire escompté.

Road to Kabul

"Road to Kabul" est "the" blockbuster marocain. Sorti en 2012, le film qui a fait plus de 340 000 entrées en moins d’un an, est l'un des plus gros succès de l’histoire du cinéma au Maroc. Le film de Brahim Chkiri, qui fait voyager quatre jeunes chômeurs marocains de leur pays natal jusqu’en Afghanistan, s’est classé premier au box-office national pendant les quatre mois suivant sa sortie. En 2014, le film était toujours dans le top 3 des films les plus vus au Maroc.

Ali Zaoua

Quelques semaines avant la sortie de l’opus de Nabil Ayouch, des affichettes accrochées dans les artères de Casablanca annonçaient qu’un enfant du nom d’Ali Zaoua s’était perdu et était recherché par ses proches. Ce teasing annonçait la sortie d’un film qui allait marquer les pupilles marocaines par son réalisme et son thème. Pour la première fois, on parlait des enfants des rues. Ali ne veut qu’une chose, faire le tour du monde à la recherche de "l’île aux deux soleils", mais il est tué d’une pierre dans la tête par une bande rivale. Ses amis décident de réaliser le rêve d’Ali. Sans toutefois tomber dans la critique sociale, le film, sorti en 2000 et emprunt de poésie, a marqué son époque, ouvrant la voie à une nouvelle génération de réalisateurs marocains.

Ali, Rabiaa et les autres

Premier film sur le militantisme des années 1970, "Ali, Rabiaa et les autres", réalisé par Ahmed Boulane et sorti en 2000, est le premier d’une longue série abordant les années de plomb, thématique dans laquelle s’engouffreront, entre autres, Abdelhaï Laraki avec "Mona Saber" et Hassan Benjelloun avec "La chambre noire". Vent nouveau dans le cinéma marocain, "Ali, Rabiaa et les autres" a été le sujet d’un débat dans la presse marocaine. Certains l’ont considéré comme meilleur que Ali Zaoua, sorti la même année. Pour la petite histoire, le film fut rapidement retiré des salles de cinéma. A la télévision, quelques minutes ont été coupées, et une projection du film à Casablanca fut interrompue par des étudiants islamistes.

ali rabiaa

Wechma

Réalisé en 1970, ce long métrage de Hamid Bennani est considéré comme le film qui a fait entrer le cinéma marocain dans la modernité. Il met en scène un jeune délinquant opprimé par sa famille et par la société. Cette œuvre a été portée par une nouvelle génération de cinéastes formés en France à l’IDHEC (l’ancêtre de la FEMIS) dans les années 1960. On retrouve ainsi Mohamed Abderrahman Tazi à la production en plus de la direction photo. "Wechma" raconte l'histoire du jeune Messaoud, opprimé par sa famille et par l’immobilisme de la société, qui décide de se rebeller.

wechma

A Casablanca, les anges ne volent pas

Contraint d'aller travailler dans un restaurant populaire de Casablanca et de laisser sa femme enceinte dans son village, Saïd vit dans la maison de son patron en compagnie de ses deux collègues de travail, chacun rêvant de destins différents. Mais ils seront vite rattrapés par la cruauté de la vie. Le film de Mohamed Asli a été présenté à la Semaine de la critique du Festival de Cannes en 2004.

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A la recherche du mari de ma femme

Premier grand succès populaire, film devenu culte, la comédie réalisée en 1993 par Mohamed Abderrahmane Tazi raconte avec humour les péripéties familiales d’un riche bijoutier de Fès et de ses trois femmes. La sortie d'"A la recherche du mari de ma femme" a marqué les esprits marocains qui se sont reconnus dans ce cinéma-là.

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Les yeux secs

Réquisitoire féministe qui tranche par sa qualité avec d’autres films marocains réalisés dans la foulée de la réforme de la Moudawana, "Les yeux secs", sorti en 2003, suit la vie de femmes condamnées à offrir leur corps dans un village berbère, où les hommes ne peuvent entrer qu’en payant. Poétique sans tomber dans le lyrisme, le film de Narjiss Nejjar a marqué le cinéma militant marocain en abordant à la fois l’identité berbère et la condition des femmes sans perspective économique.

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