ALGÉRIE
22/11/2014 10h:06 CET | Actualisé 22/11/2014 10h:06 CET

Moscou accuse l'Occident de vouloir "changer le régime" en Russie

AFP

Moscou a accusé samedi l'Occident de vouloir provoquer un changement de régime en Russie, frappée par des sanctions pour son rôle dans la crise ukrainienne, au moment où Kiev dénonce la présence de 7.500 soldats russes dans l'Est séparatiste du pays.

Accusée par Kiev et l'Otan d'avoir déployé des chars et des troupes dans l'est de l'Ukraine, la Russie dément toute implication dans ce conflit qui a fait plus de 4.300 morts dont 1.000 depuis la trêve conclue en septembre avec la participation de Moscou.

Dans une nouvelle phase de l'escalade verbale, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré samedi que l'Occident avait "montré sans ambiguïté qu'il voulait obtenir un changement de régime en Russie".

"Il y a des leaders occidentaux qui disent qu'il faut mettre en place des sanctions qui détruiraient l'économie (russe) et provoqueraient des protestations populaires", a-t-il ajouté, cité par les agences russes.

La crise ukrainienne a provoqué la pire dégradation des relations entre la Russie et l'Occident depuis la fin de la Guerre froide.

Les sanctions européennes et américaines introduites après l'annexion en mars de la Crimée et durcies à la suite du crash du vol MH17 avec 298 personnes à bord, abattu par un missile au-dessus du territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes en Ukraine, portent un coup dur à l'économie russe au bord de la récession. Le rouble a perdu près du tiers de sa valeur face à l'euro depuis le début de l'année.

En visite à Kiev vendredi, coïncidant avec l'anniversaire de la révolte pro-occidentale du Maïdan, le vice-président américain Joe Biden a promis que la Russie paierait cher son "agression" en Ukraine.

A l'occasion de cette visite l'armée américaine a fourni à l'Ukraine trois radars anti-mortiers, destinés à détecter et localiser les positions de tir.

"De telles armes doivent stabiliser l'Ukraine car elles augmentent le coût de l'opération russe dans le Donbass", bassin minier dans l'est de l'Ukraine, théâtre du conflit, a commenté samedi le politologue allemand Andreas Umland.

Le ministre ukrainien de la Défense Stepan Poltorak a pour sa part fait état de la présence de 7.500 soldats russes dans l'est de l'Ukraine en rencontrant vendredi soir les attachés militaires étrangers.

L'état-major de l'opération "antiterroriste" que l'Ukraine mène depuis la mi-avril dans l'Est a fait état samedi matin de l'entrée depuis la Russie de 20 nouveaux équipements militaires par le poste-frontière Izvariné sous contrôle des séparatistes pro-russes.

Ces équipements étaient en route vers Lougansk, capitale régionale et bastion rebelle, selon la même source.

Sur le terrain, quatre soldats ukrainiens et un civil ont été tués dans des combats au cours des dernières 24 heures.

Ambition d'adhérer à l'Otan

Après la perte humiliante de la Crimée et face à l'incapacité de reconquérir l'Est prorusse, les pro-occidentaux, forts d'une victoire écrasante aux législatives du 26 octobre, ont annoncé la veille que l'adhésion à l'Otan serait une priorité pour l'Ukraine.

La majorité pro-occidentale au nouveau Parlement ukrainien qui siègera à partir de la semaine prochaine s'est engagée vendredi à modifier d'ici la fin de l'année la législation nationale afin d'"annuler le statut non-aligné de l'Ukraine" et "relancer la politique en vue d'une adhésion à l'Otan", au risque d'ulcérer la Russie.

Le nombre d'Ukrainiens favorables à l'adhésion de leur pays à l'Otan a bondi cette année pour atteindre 51% en novembre et ce sujet était au coeur de la campagne électorale de plusieurs partis pro-occidentaux.

Mais selon un analyste interrogé samedi par l'AFP, la déclaration de la majorité pro-occidentale est à usage interne.

"Les pays membres de l'Otan sont incapables de trouver un consensus quand aux sanctions contre la Russie, et accepter dans les rangs de l'Alliance un pays avec un conflit armé avec la Russie, c'est de la science-fiction", a déclaré à l'AFP Vassyl Filiptchouk du Centre international pour les études politiques à Kiev.

L'Ukraine qui a célébré vendredi le premier anniversaire du Maïdan, qui a abouti à la chute le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch après un bain de sang, marque samedi les dix ans de la Révolution orange pro-occidentale, qui s'était également déroulée dans le centre de Kiev, sur la place de l'Indépendance.

Ces mouvements sont perçus en Russie comme inspirés par les États-Unis.

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