ALGÉRIE
20/11/2014 07h:18 CET | Actualisé 20/11/2014 07h:36 CET

Disparition de la sociologue et anthropologue Fanny Colonna, une passionnée des Aurès

Facebook/Rabie Yahi

Fanny Colonna, chercheure et sociologue spécialiste de l’Algérie, est décédée mercredi 20 novembre à l’âge de 80 ans. Née, en 1934, d’une famille établie en Algérie depuis le dernier tiers du XIXe siècle, elle a vécu en terres algériennes jusqu’en 1993 où elle a mené des recherches en sociologie et enseigné au département de langues et cultures berbères de l’Université de Tizi- Ouzou qu’elle a contribué à fonder en 1990.

Ses recherches ont porté principalement sur le Maghreb et en particulier l’Algérie, prenant pour objets privilégiés la production des savoirs , au sens très large, et la sociographie des producteurs, à la fois dans et sur les sociétés des XIXe et XXe siècles, sur la longue durée.

Ses travaux l’ont notamment mené dans les Aurès où elle s’est intéressée aux effets de la Première Guerre mondiale et a publié plusieurs ouvrages sur le sujet dont Le meunier, les moines et le bandit, Arles, Actes Sud Sindbad, 2010.

Regard sud/sud

A partir de juin 1993, elle s’est investie dans une longue enquête sur la société provinciale égyptienne, vue à travers le témoignage d’acteurs formés à l’université dans ou hors d’Egypte (Récits de la province égyptienne. Une ethnographie Sud/Sud, Arles, Actes Sud Sindbad, 2004).

"Ce dernier travail, mené sur place, avec la participation de jeunes collaborateurs algériens constitue l’un des très rares regards Sud/Sud jamais produits sur l’Egypte", soulignait le quotidien algérien Le Soir d’Algérie dans une interview de la chercheure paru le 20 novembre 2010.

"Fanny Colonna s'est consacrée à une réflexion sur les conditions d'une véritable Histoire sociale du Maghreb colonial et en particulier de l'Algérie, à partir d'une critique du model beaucoup trop prégnant du déracinement, comme du paradigme trompeur de l'oralité des sociétés vivant aux marges", indique sa biographie sur le site de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS) au sein duquel elle enseignait l’anthropologie et la sociologie.

Membre du comité éditorial d’Insanyat, depuis 1990, une revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales valorisant l’activité de recherche sur le terrain, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont : Traces, désir de savoir et volonté d’être, Arles, Actes Sud Sindbad, 2010 (avec Loïc Le Pape) et Les versets de l’invincibilité, réédition en Algérie, Azur-Editions, 2006 (1995).

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