16/11/2014 05h:26 CET | Actualisé 16/11/2014 06h:00 CET

Karim Zaz, Benallou, CNSS, Drapor, c'est la semaine des grands procès

JUSTICE – Quatre procès impliquant des grands patrons et hauts commis de l'Etat auront lieu la semaine prochaine à Casablanca. Retour sur ces affaires qui défrayent la chronique.

Karim Zaz. Wana be free 

 

Le trublion des télécoms est en détention préventive à la prison d’Oukacha depuis mars 2014. Que lui reproche-t-on?

Détournement de trafic télécom à l’international, atteinte aux systèmes de traitement automatisés des données et faux et usage de faux en écriture de commerce.

La partie civile n’est autre que Wana, ancêtre d’Inwi que Karim Zaz a lancé en 2005, en association avec la SNI et dont il a été éjecté en 2009. Les autres plaignants sont les deux autres opérateurs de téléphonie mobile marocains : Méditel et Maroc Télécom.

 

Après son éviction de Wana, la traversée du désert de Karim Zaz n’a pas duré longtemps. Une nouvelle porte s’est ouverte pour lui, celle de Kenza Mall, société de e-commerce qu’il a fondée en 2010 avec le patron de Tenor Group, Farid Bensaid, qui n’est autre que son cousin.

Il s’associe même à un certain Thomas Bincaz, ex-patron de Kleema, opérateur français qui avait affronté Wana du temps où Karim Zaz en tenait les rênes. Bref, les affaires marchaient bien.

Seulement voilà, le 4 mars 2014  Karim Zaz est arrêté à Casablanca par la brigade nationale de la police judiciaire. Onze personnes le suivront. Le motif : détournement de communications à l’international. La suite, on la connait : une série d’audiences, où Karim Zaz se voit refuser la liberté provisoire. Il entamera même, le 20 octobre, une grève de la faim de trois jours.

 

Entretemps, sa société de commerce en ligne, Kenza Mall s’est séparée de plus de la moitié de son effectif et risque de mettre la clé sous la porte. La prochaine audience aura lieu le 17 novembre au tribunal correctionnel de Casablanca.

 

CNSS. Détournement XXL

 

Le procès du siècle au Maroc, comme le qualifient certains, a démarré en 2011. C’est un scandale financier dans lequel 25 personnes sont poursuivies pour "complicité de dilapidation de deniers publics".

L’origine de l’affaire remonte à 2000, lorsque, sous le gouvernement Abderrahman El Youssoufi, une commission est formée pour enquêter sur la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Sa conclusion : pas moins de 115 milliards de dirhams ont été détournés entre 1971 à 2000.

 

Les inculpés risquent gros, car, selon l’article 241 du code pénal, le crime est passible de cinq à vingt ans de réclusion ferme.

Parmi eux figurent Rafik Haddaoui, directeur de la CNSS de 1995 à 2001 et ministre de l'Emploi dans le gouvernement Filali I, Mohamed Gourja, directeur de la CNSS de 1991 à 1992, et l’ancien secrétaire général, Abdelmoughit Slimani (1971-1992). L’audience aura lieu le 20 novembre.

 

ONDA. Du vol dans l’air

 

Ce n’est pas un procès comme les autres. D’abord, parce que les poursuites sont fondées sur des révélations de la Cour des comptes, une première dans les annales judiciaires marocaines.

Puis, contrairement aux autres procès qui auront lieu au cours de la semaine, Abdelhanin Benallou, l’ex-directeur de l’Office national des aéroports (ONDA), comparaîtra en appel (il a été condamné en première instance, le 11 juillet 2013, à 5 ans de prison ferme et une amende de 50.000 dirhams).

 

Tout commence en 2010 lorsque la Cour des comptes, alors présidée par Ahmed El Midaoui, épingle l’établissement public dans un rapport qui défraye la chronique.

Sa teneur : des malversations en tous genres ont été commises entre 2003 et 2007, sous la présidence de Abdelhanin Benallou. L’inspection générale des finances confirmera plus tard les conclusions du rapport.

Le haut commis de l’Etat a été écroué en juillet 2013 avec dix autres personnes, pour abus d’influence, détournement et dilapidation de deniers et biens publics. Epilogue sans doute lors de l’audience du 20 novembre.

 

Drapor. Father and son

 

C’est une  histoire familiale digne de la série Dallas et dont le dénouement risque d’être dramatique. Car c’est un père, Lahcen Jakhoukh,  qui affronte son fils Tarik, son associé dans la société Drapor, spécialisée dans le dragage des ports.

De retour des Etats-Unis, où il vient de décrocher son diplôme, Tarik Jakhoukh rejoint le groupe de son paternel, qui a aiguisé ses armes au Gabon où il a fait sa fortune.

Mais la relation de confiance ne tardera pas à se briser. Inquiet de la santé financière de son groupe, Lahcen Jakhoukh, 67 ans, mandate un cabinet pour examiner les comptes de Drapor.

Le rapport souligne des actes de détournement de fonds, d’abus de confiance et de faux et usage de faux. Lahcen Jakhoukh dépose alors plainte le 6 décembre 2012.

En juillet 2014, sa femme et son fils, ainsi que sept autres cadres du management de Drapor sont placés en détention préventive.

Ce procès qui oppose membres de la même famille fera dire à l’avocat de la défense, Me Abdelkebir Tabih qu’il s’agit d’un dossier "bizarre", où "un père qui porte plainte contre sa femme et son fils qu’il met en prison."

La prochaine audience aura lieu le 17 novembre.

 

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