MAROC
13/11/2014 05h:07 CET | Actualisé 13/11/2014 05h:07 CET

Philaé atterrisseur : doutes sur la santé du petit robot de Rosetta

Philaé atterrisseur : doutes sur la santé du petit robot de Rosetta
Twitter : ESA
Philaé atterrisseur : doutes sur la santé du petit robot de Rosetta

ESPACE - Après l'euphorie des premiers instants et les premières fascinantes photos prises par l'engin, les responsables de la mission Rosetta espèrent y voir plus clair ce jeudi sur la situation du petit robot Philae, au lendemain de son atterrissage historique sur une comète.

Un point presse est prévu à 14h au Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne), pour présenter un bilan de santé du petit robot.

Les premières données reçues après l'atterrissage sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko laissent supposer une situation pas tout à fait conforme à ce qui était prévu. Elles font également planer des doutes sur les capacités du robot à assurer pleinement la totalité de son programme scientifique.

"Nous ne comprenons pas encore vraiment ce qui s'est passé", a déclaré Stephan Ulamec, responsable de Philae, lors d'un point de presse mercredi soir à l'ESOC. "Nous devrions en savoir beaucoup plus demain matin", a-t-il ajouté.

Des fluctuations dans les signaux radio suggèrent soit que Philae a atterri dans une sorte de "bac à sable", soit qu'il a doucement rebondi sur la surface avant de se reposer une seconde fois. "Donc, peut-être aujourd'hui, nous avons atterri deux fois", a lancé Ulamec, déclenchant les rires de l'assistance.

"Nous savons que le robot a touché le sol de la comète. Nous avons reçu un signal très clair et nous avons aussi reçu des données de l'atterrisseur, notamment scientifiques. C'est la très bonne nouvelle", a-t-il souligné. "La mauvaise nouvelle, c'est qu'apparemment ses harpons n'ont pas fonctionné et qu'il n'est pas ancré à la surface".

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Si Philae n'était pas bien arrimé au sol, "ce serait embêtant pour certains instruments" a déclaré mercredi le chef de projet Rosetta au Centre national d'études spatial (CNES), Philippe Gaudon, à Toulouse. "On a besoin qu'il soit bien harponné pour utiliser la foreuse qui doit permettre de récupérer les échantillons dans le sol", a-t-il expliqué.

Mais dès jeudi matin, après sa première nuit, le CNES a fait état jeudi de "trois bonnes nouvelles" pour Philae, précisant qu'un "check up" du robot était en cours, en particulier sur le problème des harpons.

"Philae a passé la nuit sur la comète et nous avons eu trois bonnes nouvelles: la première, c'est que Philae est posé sur le noyau de la comète. Deuxièmement Philae reçoit de l'énergie, ses panneaux solaires sont allumés et lui permettent donc d'envisager un futur. Et troisièmement, nous sommes en contact permanent avec Philae puisque Philae émet et envoie des info à Rosetta et Rosetta nous les retransmet", a déclaré le président du CNES (Centre national d'études spatiales) Jean-Yves Le Gall sur Europe 1. "La liaison radio fonctionne, on est en direct avec Philae", a-t-il ajouté.

La mission du robot laboratoire est notamment de faire des prélèvements qui donneront des informations sur les origines du système solaire, voire sur l'apparition de l'eau et de la vie sur Terre.

"Un grand succès"

Les responsables de la mission n'ont en tout cas pas boudé leur plaisir mercredi d'avoir réussi cette première dans l'histoire de l'exploration spatiale, point d'orgue d'une aventure entamée il y a 20 ans.

"Nous sommes les premiers à l'avoir fait et c'est cela qui restera pour toujours", a déclaré Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Agence spatiale européenne. "C'est un grand succès et ce fut une grande journée", a-t-il martelé.

Dordain s'est voulu rassurant : "Nous avons une liaison radio avec Philae, ce qui est objectivement très important et la pile fonctionne", a-t-il noté. "Quand vous avez une liaison radio et de l'énergie, vous pouvez collecter des données".

La NASA a salué cette "percée dans l'exploration de notre système solaire" et "une étape-clé dans la coopération internationale", une référence aux trois instruments américains à bord de Rosetta.

Il a fallu sept heures à Philae, largué par la sonde européenne Rosetta, pour descendre en chute libre jusqu'à sa cible. Son atterrissage, à plus de 500 millions de km de la Terre, s'est fait "en douceur", selon l'ESA. Les scientifiques n'ont pas reçu mercredi les images panoramiques qu'ils espéraient depuis le sol de Tchouri.

Quelle que soit la situation de Philae à la surface de la comète, Rosetta, qui a déjà parcouru 6,5 milliards de km dans l'espace, poursuivra son escorte de Tchouri au moins jusqu'au 13 août prochain. C'est à cette date que la comète passera au plus près de l'astre. D'un coût total de 1,3 milliard d'euros, la mission Rosetta a mobilisé environ 2000 personnes.

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Le petit robot Philae, passager depuis plus de dix ans de la sonde spatiale européenne Rosetta, est donc arrivé sur l'inhospitalière comète "Tchouri" grâce au premier atterrissage de l'histoire sur une comète. Cette mission partie à la conquête d'une comète pour découvrir l'origine de la vie est donc un succès pour l'instant.

Les comètes sont considérées comme des vestiges de la matière primitive et cette mission d'"archéologie spatiale", entamée en 2004 avec le lancement de Rosetta, cherche même à percer l'évolution du système solaire depuis sa naissance. Le robot Philae a pour mission de forer le sol de la comète et de trouver un matériau organique très sombre qui pourrait donner des clés pour comprendre l'apparition de la vie sur Terre, souligne l'astrophysicien Francis Rocard.

Les comètes présentent un double intérêt pour les scientifiques: "dans le système solaire, ce sont les objets les plus riches en gaz divers congelés, l'eau étant l'un d'eux et le plus abondant". "Elles pourraient avoir contribué à apporter de l'eau sur Terre", souligne Rocard. L'autre grande question consiste à savoir si une partie de l'eau sur Terre ne provient pas des comètes. Les analyses du robot Philae sont censées apporter ces réponses.

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