MAROC
12/11/2014 13h:15 CET | Actualisé 12/11/2014 13h:21 CET

CAN 2015: Les Marocains accueillent avec fatalisme les sanctions de la CAF

CAN 2015 - Au lendemain de la décision de la Confédération africaine de football de retirer l'organisation de la CAN au royaume, des Marocains interrogés dans la rue se disaient solidaires de leurs dirigeants et prêts à assumer les sanctions de la CAF.

Réactions - La demande de report “était tout à fait justifiée. Il n'existe aucun vaccin contre cette maladie. La compétition sportive passe, mais les conséquences sanitaires restent", juge Mohamed Amtague, un réparateur de 28 ans.

"La proposition du Maroc était raisonnable, compte tenu de l'épidémie d'Ebola", estime Hamid Chaabi, un enseignant, tout en dévorant des yeux les unes des journaux, sur une des principales artères de la ville.

Les menaces de sanction de la CAF ont été accueilli avec fatalisme dans les rues de Rabat.

"On est prêt à assumer les sanctions. La santé des citoyens marocains passe avant tout", affirme Mohammed Isli, un fonctionnaire d'une cinquantaine d'années, attablé à la terrasse d'un café, un journal à la main.

"Pour nous, les sanctions étaient prévisibles. On les respecte et on est prêt à assumer", abonde Mohamed Amtague.

L’intransigeance de la CAF, quant à elle, ouvre la porte à plusieurs interprétations. "Notre pays manque cruellement de poids dans une instance comme celle-là", croit Mohamed Amtague.

"Il y a sûrement des lobbies qui ont poussé la CAF à cette décision", acquiesce Hamid Chaabi, un enseignant, tout en dévorant des yeux les unes des journaux, sur une des principales artères de la ville.

Dans la conversation, ce quinquagénaire avance toutefois d'autres explications à la position marocaine.

"La situation sécuritaire est délicate actuellement avec la menace Daesh (acronyme de l'Etat islamique en arabe, ndlr)", fait-il valoir, en allusion au flux de voyageurs et aux rassemblements de masse qu'aurait pu entraîner la tenue de l'épreuve.

Dans un pays où le tourisme pèse 10% du PIB, "tout cela aurait aussi pu influer négativement sur le tourisme international", renchérit-il.

"Si les gens entendent que le virus Ebola se répand au Maroc, on perd plus qu'avec cette annulation", remarque-t-il, en concluant: "On ne doit pas mettre la nation en péril pour faire plaisir à la CAF."

Supporteur inconditionnel des Lions de l'Atlas, Mohamed Amtague revient, lui, à des considérations sportives.

"Notre sélection joue demain (jeudi) en amical contre le Bénin et j'espère que tous les Marocains la regarderont, même s'il n'y a plus cet objectif" de la CAN, clame-t-il.

Alors que le Maroc a multiplié les déconvenues lors des dernières compétitons internationales, le jeune homme se montre même philosophe.

"On a plusieurs années devant nous maintenant, et on va tâcher de préparer une bonne équipe pour demain, ou après-demain."

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