ALGÉRIE
11/11/2014 10h:49 CET

Le verdict de la LNF: La JSK jouera de nouveau à Tizi Ouzou mais à huis clos, Hannachi sanctionné

Le stade 1er novembre de Tizi Ouzou
Facebook
Le stade 1er novembre de Tizi Ouzou

Deux mois et demi après le décès tragique du joueur camerounais Albert Ebossé Bodjongo, la Commission de discipline de la Ligue nationale de Football a entendu, hier lundi 10 novembre, le président de la JS Kabylie, Mohand Cherif Hannachi. Verdict : la JSK rejouera au stade 1er novembre de Tizi-Ouzou mais à huis-clos. Le patron de la JSK, lui, écopera d’une sanction.

Depuis la mort de l’attaquant camerounais de la JS Kabylie Albert Ebossé Bodjongo le 2 3 août dernier, le club kabyle est interdit de recevoir au stade du 1er-Novembre de Tizi Ouzou, théâtre de cet événement tragique.

L’équipe première ainsi que les équipes des jeunes catégories sont contraintes de recevoir leurs adversaires dans d’autres stades, ce qui ne manque pas de leur porter préjudice tant sportivement que financièrement.

Finalement, cette interdiction serait sur le point d’être levée, selon la promesse faite par Hamid Haddadj, président de la Commission de discipline de la Ligue du football professionnel, au président de la JSK, Mohand Cherif Hannachi.

Promesse faite au cours de l’audition du président de la JSK au sujet des critiques virulentes et récurrentes qu’il a formulées publiquement à l’encontre du patron de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua, suite à la suspension du club de toutes les compétitions africaines.

stade de tizi

Retour à Tizi mais à huis clos

Haddadj s’est engagé en tout cas à ce que la question de la levée d’interdiction soit étudiée très sérieusement par la commission de discipline. Cet engagement augure d’une volonté des instances de calmer le jeu après les derniers développements qu’a connus cette affaire.

LIRE AUSSI: Accusée par Hannachi de "chercher à détruire la JSK", la FAF dénonce la mauvaise gestion du président du club

En effet, en sus des échanges d’accusations entre Hannachi et la FAF, le président de la JSK avait même refusé de répondre par deux fois à la convocation de la Commission de discipline, invoquant des raisons de santé, ce qui n’a fait qu’accentuer les frictions.

Plus même : l’interdiction frappant la JSK pourrait prendre une dimension politique puisque non seulement des députés s’en mêlent en manifestant leur intention d’évoquer l’affaire à l’Assemblée populaire nationale, mais la menace d’une grève générale à Tizi Ouzou –et qui risque de s’étendre à plusieurs contrées en Kabylie- commence sérieusement à planer
.

Comme l’image de l’Algérie du foot, qui postule à abriter la Coupe d’Afrique des nations en 2017, a été déjà sérieusement écornée par la mort d’Ebossé, on estime en haut lieu que ce n’est pas le moment d’attiser le feu et qu’une levée de l’interdiction de recevoir au stade de Tizi Ouzou serait de nature à éviter des débordements préjudiciables à la candidature de l’Algérie.

Cependant, le huis clos sera maintenu au moins jusqu’à la fin de l’année puisque le stade du 1er Novembre n’offre pas encore toutes les garanties de sécurité.

Une audition presque conviviale

Contrairement à ce que laissait supposer la dureté des échanges d’accusations entre les présidents de la JSK et de la FAF -cette dernière allant même jusqu’à publier un long communiqué officiel pour répondre aux propos de Hannachi-, l’audition de Hannachi s’est déroulée dans une ambiance sereine, voire même conviviale.

Le président de la Commission de discipline, Hamid Haddadj, a reproché au patron de la JSK ses attaques publiques visant la personne de Mohamed Raouraoua qui occupe des fonctions importantes à la CAF et à la FIFA (membre des Comités exécutifs respectifs des deux instances et président de la Commission d’organisation de la Coupe du monde des clubs) à un moment où l’Algérie revient sur-le-devant de la scène et convoite l’organisation de la CAN-2017.

Un contexte qui a rendu les accusations de Hannachi encore plus inacceptables. Pour se défendre, ce dernier a invoqué l’acharnement dont la JSK serait victime depuis la mort tragique d’Ebossé, regrettant notamment que Raouraoua n’ait pas assez défendu, selon lui, la JSK auprès de la CAF, la privant ainsi d’une participation qu’il estime méritée à la prochaine édition de la Ligue des champions africaine.

LIRE AUSSI: La mort d'Albert Ebossé est une catastrophe infamante pour l'Algérie

Pour l’exemple

Après que chaque partie eut étalé ses arguments, il a été clairement signifié à Mohand Cherif Hannachi qu’il écopera d’une sanction pour l’exemple déjà et, surtout, pour avoir porté atteinte à l’image et à l’autorité du président de la FAF et du football algérien de manière générale.

Il est à noter qu’un autre président de club, celui de l’USMA, Rebbouh Haddad, a été suspendu pour 6 mois par la Commission de discipline pour avoir déclaré publiquement que des arbitres ont été instruits de nuire à son équipe, bien qu’il ait été reçu par le président de la Ligue d football professionnel, Mahfoud Kerbadj, et même par Raouraoua.

A l’inverse, Hannachi n’a été reçu ni par Kerbadj ni par Raouraoua, malgré ses multiples demandes, ce qu’il assimile à une politique de deux poids, deux mesures et il n’a pas manqué de le souligner à Hamid Haddadj au cours de l’audience.

La sanction contre Hannachi n’a pas été encore déterminée mais des connaisseurs relèvent que les six mois de suspension infligés à Rebbouh Haddad peuvent servir d’étalon de mesure.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.