ALGÉRIE
09/11/2014 13h:47 CET | Actualisé 10/11/2014 07h:58 CET

Gilles Kepel : "Tout le monde est aujourd'hui dans le "c'est de ta faute que Daech a été créé"

Aurélie Le Carpentier pour le HuffPost Algérie

Un vaste tour d’horizon avec le spécialiste Gilles Kepel sur l’état du monde arabe trois ans après le début de la révolution en Tunisie et ses répliques. Pourquoi la Tunisie est-elle la seule à être dans un processus vertueux, qu’est ce qui explique la désagrégation libyenne, la contre-révolution égyptienne et l’emballement de la situation en Syrie et en Irak avec le business-modèle du Daech qui ringardise Al-Qaïda ? Eléments de réponses.

Le HuffPost Algérie : Trois ans après les bouleversements qui ont secoué le monde arabe, ce dernier n’est- il pas à nouveau en train de déjouer toutes les prévisions ?

Gilles Kepel : Le cycle qui s’est ouvert en 2010 avec l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi a connu, comme c’est le cas de toutes les révolutions, plusieurs phases successives. Les révolutions sont connues pour dévorer leurs enfants et aussi à être prises dans des processus dialectiques. Ce que l’on a appelé les révoltes ou les soulèvements arabes n’ont pas échappé à cette logique.

On peut les diviser en trois grandes phases et aussi distinguer trois zones géographiques dans lesquelles ces évolutions n’ont pas été tout à fait identiques. Il y a eu d’abord la phase de déclenchement suivie d’une phase de libération mais qui n’a pas été la même partout.

Ensuite, il y a eu une phase de "frérisation" où les Frères musulmans ont raflé la mise en grande partie. Actuellement, on est dans une période des frères et leurs éloignements des différentes structures du pouvoir.

Différentes configurations se mettent en place de l’instauration d’une voie démocratique en Tunisie à la guerre civile et ses horreurs en Syrie et en Libye et la restauration, dans une large mesure, de l’ordre ancien en Egypte.

L’histoire n’étant jamais linéaire et surtout pas l’histoire révolutionnaire, ce ne sont pas des développements linéaires. D’autant qu’au moment où les révolutions se produisent, les équilibres de pouvoir établies entre les classes sociales se modifient. Ces classes entrent en conflit pour obtenir l’hégémonie sur le processus révolutionnaire.

Sur un plan géographique, dans trois pays du littoral nord-africain, Tunisie Egypte, Libye, les anciens régimes ont été renversés. Cela est dû notamment à une relative cohésion sociale et homogénéité y compris en Libye.

La chute du régime a été favorisée par la non-division des sociétés autour de fragmentations ethniques ou tribales pour favoriser le groupe qui est resté au pouvoir mais ce groupe a fait objet d’un rejet par la population majoritaire.

En Tunisie, par exemple, l’on a vu une mobilisation populaire à la suite du sacrifice de Bouazizi de la jeunesse urbaine pauvre. Une mobilisation relayée après par les classes moyennes tunisiennes et prolongée par l’action de l’armée qui a fait partir Ben Ali. C’est l’armée tunisienne qui a fait, in fine, partir Ben Ali sans effusion de sang.

Dans le cas égyptien, au bout d’un certain temps, c'est le retournement de l’armée - qui s'est débarrassée de Moubarak pour conserver autant qu’elle le pouvait l’essentiel du pouvoir même quand les frères étaient là - qui a permis ce phénomène de transition et puis de récupération.

En Libye, c’est en partie du fait de l’intervention militaire occidentale que la force suffisante a été mise en œuvre pour faire tomber Kadhafi. Mais sans accompagnement politique, ce qui a abouti aujourd’hui à la violence et au chaos qui inquiètent énormément les pays d’Afrique du Nord notamment l’Algérie.

En revanche, dans le Golfe d’une part et au Levant d’autre part, les sociétés ne sont pas les mêmes. Les enjeux ne sont donc pas du même ordre et les révolutions n’ont pas abouti aux renversements des régimes.

Au Bahreïn, le clivage entre les chiites majoritaire et la dynastie sunnite s’est traduit par une intervention de l’armée saoudienne et émiratie qui a abouti à l’arrêt du processus révolutionnaire.

Au Yémen de même. L’Arabie saoudite s’est efforcée de bloquer le processus, car elle était inquiète un peu de la même manière qu’au Bahreïn, les zaydites, une branche chiite qui reste assez proche des sunnites, s’est radicalisée et favorise une prise de pouvoir d’un groupe favorable à l’Iran. C’est ce qui s’est produit aujourd’hui.

Après trois ans de processus chaotique et de fragmentation du Yémen dans lequel l’irrédentisme du sud s’est manifesté de nouveau, les houthistes, en l’occurrence une partie des zaydistes influencé par l’Iran, sont arrivés au pouvoir. Ce qui est un gros souci pour l’Arabie saoudite. Le royaume wahabbite et les autres s'inquiètent car des processus révolutionnaires peuvent perturber les exportations d'hydrocarbures.

Finalement, les mêmes démocraties qui ont applaudi la chute de Ben Ali ont détourné les yeux de la répression au Bahreïn car cela menaçait les exportations. La péninsule arabique a donc eu un destin différent de celui des trois pays du littoral Nord-africain.

En Syrie, c’est un peu le prolongement de ce qui s’est passé au Bahreïn avec la dimension levantine. Les sociétés levantines sont à la base très fragmentées en termes d’ethnies, de confessions, d’appartenance nationales aussi, arabes, kurdes, druzes d’un côté, chrétiens, musulmans, chiites, sunnites, maronites, grecques, orthodoxes de l’autre.

La révolte contre l’autoritarisme de Bachar al Assad s’est très rapidement traduite en un conflit à dimension religieuse entre sunnites majoritaires et une coalition de minorités avec à leur tête des alaouites mais aussi des kurdes, chrétiens et autres.

Le processus syrien s’est traduit par une guerre civile qui ressemble aux guerres civiles libanaises et irakiennes. La décomposition du processus révolutionnaire a abouti à l’émergence du phénomène Daech. Celui-ci est l'expression d'une décomposition du phénomène révolutionnaire et du mélange entre les enjeux syriens et les enjeux irakiens.

Ne croyez-vous pas plutôt que Daech a été créé à cause de la précipitation occidentale qui voulait faire tomber le régime d’Assad coûte que coûte ?

Tout le monde est aujourd’hui dans ce que l’on appelle le "blame game". En d’autre termes, "c’est de ta faute c’est Daech a été créé". Au départ un certain nombre de pays occidentaux dont la France ont soutenu la rébellion syrienne dans une logique d’accompagnement de processus anti autoritaire.

Comme je le dis dans mon essai "Passions Arabes" beaucoup croyaient que l’armée syrienne libre - qui était à ce moment- là une sorte de coalition de beaucoup de groupes démocratiques, laïcs, frères musulmans et autres - pourrait s’emparer du pouvoir

Elle a été en fait rapidement marginalisée à l’intérieur du spectre de la rébellion car un certain nombre d’individus originaires des pays du Golfe ont mis énormément d’argent dans des groupes salafistes, des groupes de frères musulmans et des groupes radicaux pensant que ceux étaient plus habilités à faire tomber le régime d’Assad.

Au-delà de la dimension Occident ou pas, ce qui se joue en Syrie et en Irak - d'où le nom de Daech - est une volonté de rompre avec les frontières Sykes-Picot et reconstituer un Sham se voulant "sunnistan" qui s’étend de Bagdad à Damas.

L’objectif pour les régimes sunnites n’était pas de faire tomber le régime de Bachar Al Assad parce qu'il était autoritaire mais parce qu’il est l’allié de Téhéran. La volonté était de casser l’axe chiite formé de ce que l’on appelle le croissant chiite constitué de Téhéran, Bagdad d’El Maliki, Damas et Hezbollah. Un croissant chiite avec une petite étoile sunnite, le Hamas palestinien, qui était un allié de Téhéran aussi pour faire pression sur Israël.

Enfin le processus s’est emballé. L'opposition laïque a été marginalisée. Parce que les fonds venant du Golfe ont favorisé Al Nosra, la franchise locale d’Al Qaida, et aussi le mouvement Daech qui lui, s’est créé en Irak avec l’appui des pays du Golfe pour lutter contre la mainmise exclusive des chiites autour de Maliki sur l’Irak.

Il y a eu en fait une conjonction de facteurs, sur lesquels, les Occidentaux n’avaient pas réellement la main. Cela a abouti à permettre à Daech à devenir un élément clé dans le jeu syro-levantin. Il faut ajouter aussi que le régime de Assad a favorisé dans un premier temps l’arrivée des militants de Daech qui ont traversé la frontière irako-syrienne et y ont trouvé les arsenaux militaires du régime sans combattre pratiquement.

L’objectif était de faire imploser la rébellion puisque Daech a commencé d’abord par combattre les rebelles syriens qui n’épousaient pas ses doctrines. Tout le monde y a trouvé son compte.

Quand Daech s’est emparé des puits de pétrole syriens, le régime d’Assad lui a acheté ce pétrole à 20 dollars le baril. Il en est de même des turcs et des kurdes. Tout le monde a cru qu’il pouvait manipuler l’autre. Aujourd’hui, on observe effectivement un mouvement préoccupant d’autant que Daech est devenu une espèce de business modèle du terrorisme jihadiste.

Qu’entendez-vous exactement par Daech est un business modèle ?

On a ringardisé le modèle Al Qaida avec son système pyramidal où Ben Ladin donnait des ordres, désignait de cibles, payait des billets d’avion et envoyait des gens se faire tuer.

Daech a mis en place un système horizontal où quelqu’un comme Abou Mousaab Al Souri, a expliqué qu’il fallait endoctriner les gens comme Mohamed Merrah ou Mehdi Nemmouche et les rendre capables de choisir eux-mêmes leurs cibles pour éviter que les services du renseignement occidentaux ne parviennent à casser le code comme ils l’ont fait avec Al Qaida.

D’autre part, ce modèle permet de s’entraîner dans les pays du Moyen-Orient. Du temps de Ben Laden il y avait très peu de camps d’entrainement. Aujourd’hui, l’Irak et la Syrie sont d’énormes camps d’entrainement. Cela accentue l’effet de ce phénomène.

C’est aussi un facteur qui a trouvé un écho favorable au sein d’une partie de la jeunesse au Maghreb. Les marocains comme tunisiens comptent des milliers de jeunes partis s’entraîner en Syrie ou en Irak.

En Algérie, même si le gouvernement affirme que ce phénomène est marginal, on n’en sait rien en réalité. L’allégeance du groupe qui a assassiné le malheureux Hervé Gourdel en Kabylie en est la preuve.

Le phénomène touche l’Europe aussi non seulement les jeunes issue de l’immigration mais aussi ceux que l’on appelle des européens de souche. C’est même ceux-ci qui sont ciblés pour commettre des attentats en Occident en utilisant toutes les ressources du monde numérique et internet.

Le jihadisme a changé de modèle

Comment explique-t-on la sensibilité d’européens au discours radical de Daech ?

Ce que l’on sait pour l’instant c’est que ça passe par youtube et internet. Un peu comme pour le jihad en Bosnie ou en Afghanistan, en mettant en ligne les massacres perpétrés par l’autre.

Des images retournées pour susciter la solidarité avec des jeunes massacrés ailleurs, propagées par des groupes sunnites radicaux, ces images poussent à les regarder ailleurs, se brancher sur les mondes de facebook et le tweet.

C'est à partir de ce moment que l’on passe du virtuel au réel. Des individus les repèrent, commencent à correspondre avec eux et leur proposent en fin de compte de rallier les rangs des jihadistes. Ça peut se faire exclusivement sur la toile comme on peut les mettre en contact avec des relais humains qui leurs facilitent de s’embarquer.

Certains jeunes issus de familles non musulman, ont été embrigadés de la sorte et rattrapés à la frontière. Ils se sont dits en quelque sorte, convertis à l’Islam radical en une nuit, et ils ont avoué avoir reçu leurs billets pour la Turquie sur internet.

Le jihadisme a changé de modèle. Si Ben Laden c’était internet et Blackberry, le "Calife" Ibrahim et Daech c’est i-Phone6, facebook, et twitter. Ce n'est du reste pas par hasard, que ses détracteurs parlent de "Calife twitter".

passion arabe

Le coup d’état en Egypte et la caporalisation de la société civile ont-ils définitivement compromis la démocratisation du plus grand pays arabe ?

En Egypte la restauration du pouvoir autoritaire s’est basée sur le mouvement Tamarrod qui a brassé de larges couches sociales en Egypte contre les Frères musulmans et le système liberticide. Comme les tunisiens, les Frères égyptiens ont commis des fautes. Mais ces derniers ont donné aux égyptiens le sentiment qu’ils étaient en train d’établir un système dont ils ne pouvaient plus se départir après.

La contre-révolution égyptienne a étendu son emprise à l’ensemble de la société. Aujourd’hui le système du maréchal Al Sissi lutte très contre les frères musulmans mais il a également emprisonné un certain nombre d’acteurs libéraux de la révolution. Il se trouve dans une situation assez compliquée par rapport aux exigences défenseurs des droits de l’Homme.

Le régime égyptien est mis sur la sellette avec les organisations des droits de l’homme qu’elles soient arabes, européennes ou américaines. Ce qui se manifeste aujourd’hui en Egypte est la violence.

Le Sinaï est presque dans une logique irrédentiste, les attentats contre des commissariats et des moyens de transport veulent prouver que le pouvoir du maréchal n’est pas garant de la stabilité et ne peut donc attitrer les investisseurs ni favoriser le tourisme. Il s'agit de créer ce sentiment d’inquiétude et de mettre une pression économique sur les projets du maréchal al Sissi comme à l’époque des groupes jihadistes du temps de Moubarak.

Qu’en est-il de la Libye désagrégée ? Existe-t-il un espoir d’un accord autour d’un minimum ?

En Libye, on ne le voit pas franchement. L’Algérie et l’Egypte ont tenté de rassembler un certains groupes influents sans grand succès.

La Libye est non seulement aujourd’hui un champ clos de conflits entre milices mais aussi entre Etats arabes. Les émiratis soutiennent la coalition du général Haftar et les qataris soutiennent Misrata et les frères musulmans. C’est la première fois, à ma connaissance que deux états du GCC, se battent par personnes interposées, dans un autre champ.

Vous voulez dire que c’est trop complexe ?

Pour la Libye, c’est un problème très, très, difficile. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu un pillage des arsenaux de Kadhafi. La Libye est aujourd’hui un "failed state" (Etat Failli), c'est une plateforme non seulement du terrorisme mais aussi du crime et du trafic.

Pour l’Europe, cela pose un problème car les bateaux transportant un nombre considérable d’immigrants clandestins partent essentiellement de là. C’est de Libye aussi que sont partis les groupes islamistes qui ont fait la razzia au Mali mais aussi ceux qui ont attaqué le site gazier de Tiguentourine en Algérie et c'est par là que passent les armes qui arrivent en Tunisie.

C’est un facteur de déstabilisation considérable pour les pays d’Afrique du Nord surtout les Algériens sont immensément préoccupés par la décomposition de la Libye et leur appréhension que le désordre libyen ne précipite la région dans le chaos moyen-oriental.

La Tunisie reste donc, l’unique bourgeon des printemps arabe ?

Effectivement, la Tunisie et sa révolution, c’est celle qui suit la pente la plus vertueuse. Nous avons suivi avec beaucoup d’intérêts les dernières législatives, noté avec beaucoup de satisfaction l’alternance qui se met en place et la perspective d’une prochaine présidentielle...

La Tunisie, grâce à sa classe moyenne issue bourguisime, a réussi à mener une forme de transition. L’accompagnement de ce processus vertueux est de l’intérêt des pays européens mais également de ceux de l’Afrique du Nord.

Ce qui ressort aujourd’hui des révolutions arabes est un clivage entre une méditerranée occidentale où la Tunisie peut constituer un modèle de transition non chaotique qui s’inscrit dans un système de partenariat économique avec l’union européenne ; et d'un autre côté, un Moyen-Orient et des pays du Golfe pris dans des soubresauts d’un autre genre et dont il est difficile de prédire le devenir aujourd’hui.

Un Maghreb "vertueux" face à un Orient compliqué?

Comment expliquer ce jeu de chaises musicales entre le Qatar et l’Arabie saoudite ?

Le CCG qui était un syndicat de défense des rentiers des pays du Golfe face à l’Iran est aujourd’hui profondément clivé. Le sultanat d’Oman, où la famille régnante appartient à la branche ibadhite qu’on retrouve au M’Zab en Algérie ou chez les berbères de Jabl Nefoussa en Libye, a été le premier à briser cette solidarité face à l’Iran.

Tout le monde sait aujourd’hui que les négociations américano- iraniennes ont un facilitateur qui se nomme Oman. Une politique qui déplait aux autres pays du Golfe pour lesquels un accord américano-iranien sur le nucléaire et la sortie du régime des sanctions est extrêmement inquiétant.

L’Iran malgré les sanctions reste un très grand pays avec ses 80 millions d’habitants, une société toujours fonctionnelle et un système éducatif qui ne s’est pas effondré. La preuve est qu’aujourd’hui l’Iran est capable d’être un Etat du seuil nucléaire. Ce qui prouve que la capacité de sélection de ses ingénieurs reste très efficiente.

Aujourd’hui, il y aussi un clivage très fort entre le Qatar est le reste des monarchies du Golfe. Le Qatar a d’emblée soutenu les frères musulmans, constituant avec la Turquie une sorte d’axe "frériste".

Pour la deuxième phase des révolutions dont j’ai parlé, on envisageait une sorte de système frériste avec la Turquie comme force militaire, le Qatar comme coffre-fort et l’Egypte comme masse démographique.

Le Qatar a mis en place cette stratégie car, tout petit émirat qu’il est, il ne bénéficie pas des ressources humaines nécessaires pour lutter contre l’hégémonie saoudienne et les milliers de salafistes qu’elle produit par an.

Le Qatar espérait bénéficier à travers l’Egypte mais également la Tunisie de ressources humaines qui lui permettraient de faire l’équilibre contre les velléités saoudiennes de l’avaler. C’est ce qui explique cette grande énergie dépensée par l’Arabie saoudite et les Emirats pour financer renverser le régime de Morsi. Aujourd’hui face au défi iranien le CCG est clivé en trois grands axes : un axe saoudien- émirati, un axe saoudien, et un axe qatari.

Le processus des mutations qui touchent le monde arabe touche-t-il à sa fin ou bien n’est-il qu’à ses débuts ?

Une chose est certaine, ce processus se différencie. En Afrique du Nord, la transition tunisienne ou celles qui auront lieu en Algérie ou le Maroc, avec leurs modalités propres, sont des processus qui doivent pouvoir sauvegarder les sociétés civiles. Et assurer la prospérité des pays concernés dans une perspective de sauvegarde des pays de l’Afrique du Nord.

L’avenir de l’Afrique du Nord est dans l’amélioration de son partenariat avec l’UE, c'est vital pour les uns et les autres. Ce n’est pas le cas au Moyen-Orient où personne ne peut s’avancer sur le devenir des révoltes ni sur le devenir des uns et des autres. On est loin de la stabilité.