MAROC
05/11/2014 09h:11 CET | Actualisé 06/11/2014 11h:45 CET

Les Etats de la culture au Maroc: interview d'Aadel Essaadani

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Budget, infrastructure, politique culturelle… À la veille des États généraux de la culture, le HuffPost Maroc fait le point avec Aadel Essaadani, président de l’association Racines.

Huffpost Maroc: Le budget alloué à la culture est de 627 millions de dirhams. Pensez-vous que cela soit suffisant?

Aadel Essaadani: Cela correspond à 0,23% du budget de l'Etat mais le cœur du problème n'est pas tant financier. À titre d'exemple, on a injecté 1,5 milliards de dhs au projet du Grand théâtre de Casablanca, soit l'équivalent du budget de trois ans du ministère de la Culture. Cela signifie que les moyens existent, mais qu’ils sont mal exploités.

Comment faire en sorte que le public marocain s’intéresse plus à la culture?

Nous avons du potentiel: un patrimoine et un public extrêmement diversifié dans un pays où la pyramide des âges est inversée. Il faut le toucher. Comment? En allant à sa rencontre.

L'école publique doit sensibiliser le public scolaire à travers des ateliers par exemple. Et c'est comme cela que les citoyens marocains penseront plus tard à aller au musée spontanément. Les jeunes déscolarisés dans les zones rurales, c'est du côté des communes qu'il faut réfléchir. Et puis, la culture, c'est ce qui crée le lien social et, à mon sens, la meilleure façon d'assurer la stabilité d'un pays. Résoudre la question du racisme, la place de la femme dans l'espace public c'est par la culture qu'on peut y arriver et non pas par l'économie.

Avons-nous les infrastructures nécessaires?

Oui, les infrastructures existent. Il y a 500 maisons de jeunes à l'échelle du pays qui relèvent du ministère de la Jeunesse et des sports, alors que seules 25 sont mises à la disposition du ministère de la Culture. Profitons-en!

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