ALGÉRIE
30/10/2014 06h:02 CET | Actualisé 30/10/2014 17h:51 CET

Selon le Doing Business 2015, toujours pas facile de faire des affaires en Algérie

Nejma Rondeleux pour le HuffPost Algérie

Le Doing Business 2015 a été rendu public et, "as usual", l'Algérie n'est pas bien classée. Elle a même perdu sept places par rapport à 2014. L'Algérie passe ainsi de la déjà peu enviable 147e place à la 154e place sur 189 pays classés.

En Algérie, les délais et les coûts d'un raccordement à l'électricité se sont améliorés. C'est le seul critère du Doing Business 2015 dans lequel l'Algérie progresse de trois petites places. Une "progression" à relativiser considérablement puisque sur ce critère, l'Algérie, pays pétrolier et gazier, est 147e alors que la Tunisie est à la 38e place et le Maroc à la 91e.

Pour tous les autres critères qui font le bon classement dans le Doing Business de la Banque Mondiale, l'Algérie, qui figure dans le groupe des pays à "revenu moyen supérieur" stagne ou recule

Parmi les pays de l'Union du Maghreb, l'Algérie fait mieux que la Mauritanie (176e) et que la Libye, en plein chaos politique et sécuritaire, classée avant-dernière (188), juste avant le dernier de la liste, l'Erythrée. L'Algérie est loin du Maroc qui a cependant reculé de la 68e place en 2014 à la 71e en 2015. Elle est encore plus loin de la Tunisie qui reste le pays maghrébin ayant le meilleur climat des affaires malgré un recul de la 56e à la 60e place.

Le seul indicateur où l'Algérie passe sous la barre de la 100e place pour une très moyenne 97e place est relatif au règlement de l'insolvabilité. Le Maroc se classant, quant à lui, à la 113e place et la Tunisie à la 54e. Concernant les délais et les coûts de la création d'une entreprise, l'Algérie obtient la 141e place (contre 139 en 2014) alors que la Tunisie est 100e et le Maroc à la très bonne 54e place.

Sur les autres critères, comme la délivrance du permis de construire (-5), l’obtention de prêts et le paiement des taxes (-2), le règlement de l’insolvabilité (-3), le transfert de propriété (-1) et la "protection des consommateurs" (-9), l'Algérie recule par rapport à 2014. Elle se situe très loin de la Tunisie et du Maroc.

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Des tentatives laborieuses

Les autorités algériennes ont pendant longtemps fait peu de cas des classements, en général mauvais, des organisations internationales sur l’économie du pays. Depuis quelques temps, elles proclament une volonté nouvelle d'améliorer le climat des affaires.

En 2012, un "Comité pour l'amélioration du climat des affaires" a été créé au niveau du ministère de l'industrie qui a préconisé des mesures destinées à faciliter et à raccourcir les procédures. Des mesures jugées timides. Le ministre de l'industrie, Abdesselam Bouchouareb a promis de faire d'avantage. Le nouveau code des investissements devrait permettre à l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) d'assumer pleinement son rôle de facilitateur.

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L'ANDI n'aura pas la mission d'accorder des avantages à l'investissement, ceux-ci sont "accordés par la loi" a indiqué le ministre soulignant que l'octroi des incitations se fera lors de l’inscription au registre du commerce et de la création de la société. L'ANDI, avait-il insisté aura pour rôle "d'attirer l’investisseur" et de "l’aider à créer son entreprise et à intégrer le marché".

Il a indiqué que les "points noirs" du code des investissements vont être supprimés. "Nous aurons un code très fluide qui accompagne l’investissement". En juillet dernier, une commission de recours a été mise en place avec pour mission de "traiter et statuer sur les recours formulés par les investisseurs s'estimant lésés par une administration ou un organisme".

Pour la règle 51/49% régissant l'investissement étranger en Algérie, il faudra attendre une décision présidentielle… Le ministre de l’industrie se contentant de dire qu’elle n’était pas "éternelle" et qu'elle disparaîtrait en 2020 avec le démantèlement tarifaire en 2020 dans le cadre de l'accord d'association avec l'UE.

Pour l'instant, et au regard du dernier Doing Business, faire des affaires en Algérie n'a rien d'une promenade.

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