ALGÉRIE
26/10/2014 09h:06 CET | Actualisé 26/10/2014 12h:18 CET

30% des enseignantes subissent du harcèlement sexuel, selon le Conseil des Lycées d'Algérie

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Pas moins de 30% des enseignantes algériennes sont victimes d'harcèlement sexuel de la part de leurs directeurs ou des inspecteurs des matières qu'elles enseignent, affirme Achour Idir, représentant du Conseil des Lycées d'Algérie (CLA) au quotidien arabophone El Khabar..

Dans la majorité des cas, ces enseignantes ne portent pas plainte de crainte de perdre leur travail.

Les rapports sur cette "progression" dangereuse du harcèlement sexuel dans le milieu scolaire "ont choqué" les participants à la réunion du conseil national du CLA qui s'est tenue vendredi 24 octobre à Bouira, observe la même source.

Ce phénomène concerne les enseignantes des trois paliers de l'éducation nation. Elles seraient harcelées par les directeurs des institutions de l'éducation ou par les inspecteurs des matières qu'elles enseignent, détaille M. Idir, en ajoutant que la peur de perdre le poste de travail ainsi que celle du "scandale" empêche les victimes de porter des plaintes.

Le syndicat a décidé de mener une enquête nationale pour "'identifier les formes" du harcèlement et convaincre les victimes de déclarer les abus afin de sanctionner les impliqués. Les coupables, qui exploitent la peur des victimes ainsi que le vide juridique "pour persister dans l'harcèlement de leurs collègues", doivent être punis, insiste le représentant du CLA.

Une journée de mécontentement le 10 novembre

Ce problème du harcèlement ainsi que les conditions générales du travail dans l'école algérienne seront au centre de la "journée du mécontentement" que compte organiser le CLA le 10 novembre prochain.

Cette journée du mécontentement, indique un communiqué du Conseil des Lycées d'Algérie, vise à "dénoncer les conditions de travail dans l’école publique ainsi que la situation catastrophique à la laquelle se trouve l’éducation en Algérie".

Le conseil exige ainsi du ministère de l'Education l'installation d'une cellule d'écoute ainsi que la création d'un numéro vert spécial pour recevoir les déclarations des cas d'harcèlement sexuel dans le milieu scolaire.

Il demande par ailleurs la régularisation de la situation des enseignants protestataires dans différentes régions comme ElTarf, Skikda, Alger Ouest. L’accélération de la réception des infrastructures scolaires en voie de construction et la réouverture des négociations du statut particulier de l’éducation figurent également parmi les revendications.

Un phénomène très répandu

Ce phénomène effrayant ne touche pas que le secteur de l'éducation. En juin, une enquête nationale a révélé que 66% des employées du secteur public sont victimes du harcèlement sexuel en Algérie.

Le harcèlement a eu lieu, selon 30% des femmes, dans le bureau du directeur tandis que 23% évoquent des lieux divers au sein de leur établissement. 50% de ces femmes ont fait des récits personnels des épreuves subies et considèrent que le harcèlement est devenu un véritable "cauchemar" poussant de nombreuses femmes à démissionner.

40% des étudiantes universitaires ont également admis avoir subi du harcèlement de la part des enseignants ou des agents de l’administration, révélait l'enquête de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH).

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