ALGÉRIE
22/10/2014 10h:42 CET | Actualisé 22/10/2014 10h:43 CET

Au Maroc, la peine de prison de la militante Wafaa Charaf doublée en appel

Twitter/ACTUSe

La militante marocaine Wafaa Charaf a été condamnée mardi 21 octobre à deux ans de prison ferme en appel par un tribunal à Tanger, pour "allégation mensongère de torture", rapporte le site d'informations marocain H24info.

La jeune militante du mouvement "20 février", qui avait appelé à un changement politique au Maroc en début 2011, a vu sa peine alourdie par la cour d'appel. En août dernier, elle a été condamnée en première instance à un an de prison et une amende de 50.000 dirhams (près de 4.500 euros) de dommages et intérêts, ainsi qu'une amende de 1.000 dirhams.

Wafaa Charaf avait porté plainte en affirmant avoir été enlevée en avril dernier à bord d'une "voiture banalisée" après avoir pris part à une manifestation à Tanger, où elle réside. Elle aurait été torturée puis abandonnée au bord d'une route en périphérie de la ville.

Accusée d'"allégation mensongère de torture" par la suite, elle a été arrêtée à son domicile et présentée devant un juge d'instruction le 4 août dernier.

Boubker Khamlichi, Un autre militant accusé de "complicité" dans la même affaire, a été condamné à un an de prison avec sursis après avoir été innocenté en première instance, selon le même journal électronique.

"Verdict politique injuste"

Durant le premier procès, e parquet de Tanger a fait référence à l'existence "d'enregistrements téléphoniques" et de témoins contredisant les "allégations" de la jeune femme.

L'avocat de la jeune militante Me Mohamed Sadqo, avait dénoncé la première condamnation qu’il a qualifiée de "verdict politique injuste", en "violation de la constitution marocaine et des conventions internationales contre la torture que le Maroc a signées".

Dans un appel international pour la libération de Wafa Charaf lancé le 19 septembre dernier, la ligue internationale des droits de l'homme avait dénoncé le procès de la militante du mouvement du 20 févier.

"Le procès de Wafaa est un procès politique. Il montre la complicité entre les autorités marocaines et les grands groupes industriels qui veulent faire taire la voix des défenseurs des droits des travailleurs'', selon l'appel de la Ligue.

Les autorités marocaines réagissent à ces critiques en mettant en avant l'existence de "cas isolés" de torture et nient sa "pratique systématique".

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