ALGÉRIE
18/10/2014 12h:51 CET | Actualisé 18/10/2014 13h:06 CET

Plus de 9 millions d'Algériens vivent avec moins d'un dollar par jour

Wikimedia Commons

Plus de 9 millions d’Algériens vivent en dessous du seuil de pauvreté, rapporte la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dans un communiqué diffusé aujourd’hui 18 octobre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Près de 1.932.000 familles algériennes sont démunies en 2014, en augmentation de 304.000 familles par rapport à 2013, selon des chiffres fournis par le Ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme.

Le secrétaire national de la LADDH, Houari Kaddour, s’indigne. Dans un entretien accordé au quotidien francophone El Watan, il interpelle l’opinion publique pour "prendre conscience" de la gravité du phénomène. Pour M.Kaddour, "la pauvreté est une atteinte aux droits de l’homme. Tout enfant, tout jeune, homme, femme, détient le droit à un niveau de vie adéquat pour sa santé et son bien-être, à l’alimentation, à l’habillement, au logement, aux soins médicaux et aux services sociaux."

L’Algérie, bien qu’elle soit classée "6e puissance mondiale en matière de production du gaz et 2e pays africain en matière de production du pétrole après le Nigéria", adopte une politique économique "qui s’éloigne de plus en plus du développement de la richesse et de l’accès de tous à ce développement", indique Me. Debouz, président de l’organisation.

L’aisance financière assurée par la rente pétrolière ne profite vraisemblablement pas à tous.

"Notre économie se résume à une répartition de la rente"

Dénonçant la passivité des autorités, "qui devront désormais penser à ces millions d’Algériens qui peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires", Me. Dabouz estime que "notre économie se résume pas à une répartition de la rente."

"Cette répartition ne s’effectue pas sur des paramètres garantissant l’équité", explique-t-il, avant de renchérir : "Il y’a ségrégation dans la redistribution de la rente, faisant que certains sont gracieusement payés à ne fournir aucun effort, alors que d’autres triment durement et sont mal payés, ou complètement exclus de ce processus de distribution."

Le président de la LADDH invite par la suite les autorités publiques à engager des efforts en faveur d’une politique de développement économique plus équitable, à l’heure où le salaire national minimum garanti est de 18.000 Da, loin des 55.000 Da revendiqués par le Syndicat national des personnels de l’administration publique (Snapap).

Les différentes augmentations de salaires, enregistrées ces dernières années, n’ont visiblement pas touché les couches les plus démunies. Les politique d’aide sociales, montrent, ainsi leur limites.

Le Maroc éradique l’extrême pauvreté

L’extrême pauvreté au Royaume est passée de 2% à 0.28% durant la décennie 2001-2011, selon le site d’information Aujourd’hui le Maroc. La pauvreté relative est quant à elle passée de 15.3% à 6.2% durant la même période.

Le Maroc et la Tunisie figurent, en compagnie de la Jordanie et la Palestine, parmi les quatre pays dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) à avoir un taux de pauvreté inférieur à 5%.

L’Algérie, en compagnie de l’Egypte, sont les mauvais élèves de la région MENA. Le Yémen a le taux de pauvreté le plus élevé de la région, s’établissant à 45%.

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