ALGÉRIE
03/10/2014 08h:11 CET

Chanteur, compositeur, parolier, producteur et violoniste, Akim El Sikameya promeut la musique arabo-andalouse

Facebook/Akim El Sikameya

Le nom d'Akim El Sikameya ne vous évoque peut-être rien? Vous n'êtes pas les seuls. Pourtant c'est un artiste algérien reconnu et apprécié à l'étranger.

Issu d'une grande famille oranaise, Akim parcourt l'Asie, l'Amérique et l'Europe donnant des concerts et faisant connaitre la musique arabo-andalouse.

Retour sur une enfance musicale

Tout a commencé avec une passion précoce pour les instruments musicaux. À l'age de huit ans, Akim s'initie au violon en même temps que le chant à l'école "Nassim El Andalous".

À 12 ans, il fait avec l'orchestre de son collège, une tournée en Algérie. En 1990, il décide de fonder son groupe "El Meya" avant de s'exiler en France en 1994 à cause de la situation sécuritaire. Il avait entre-temps réussi à décrocher son diplôme d'ingénieur en télécommunications.

Arrivé à Marseille, il fait la découverte du milieu artistique de la rive nord de la méditerranée. Une découverte qui ne le détournera pas de ses études puisqu'il décroche un master en management de l'innovation et du marketing.

L'innovation ne manque, justement pas à Akim. "Mon ambition n’est pas de conserver un patrimoine. Je veux m’adapter à la société du 21e siècle. Je reste donc en cohérence avec l’arabo-andalou, musique née dans une période très féconde où les communautés musulmane, juive et chrétienne ont donné tout leur sens aux notions de partage et d’échange", tient à préciser l’artiste à Al Huffington Post Algérie.

Après 16 ans de musique en Algérie, son "exil français" a permis à ce musicien de développer son propre style en mélangeant le patrimoine arabo-andalous à d'autres types musicaux.

Du flamenco au jazz en passant par le bossanova ou la musique celtique et tzigane, il affirme la nécessité "d'avoir des conservateurs pour préserver ce patrimoine, mais tout autant d'innovateurs pour faire évoluer cette musique afin de la perpétuer dans le monde".

C'est de cet amour des musiques du monde que naît l'album live avec Med'Set Orkestra. Un régal musical du pourtour méditerranéen.

Artiste pluridisciplinaire

Akim, le chanteur-violoniste ne s'est produit, cependant, qu'une seule fois en Algérie à la salle El-Mougar en 2010. Après 10 ans d'attente de ce moment, sa voix émeut et ses prouesses de violoniste avaient séduit le public... Mais pas les responsables.

Son nom d'artiste Sikameya n'est que la composante des deux noubas Sika et Maya, preuve de son attachement au patrimoine algérien. En essayant de marquer cette musique arabo-andalouse par sa touche "urbaine", Akim a été beaucoup critiqué: "Je ne suis pas un rebelle, ni un révolté. Je cherche juste l’essence de la musique que j’aime pour lui donner sa dimension naturellement universelle et moderne" s'explique-t-il.

Son engagement culturel dans le domaine musical se traduit tous les deux mois par des soirées festives interculturelles dans le 20e arrondissement de Paris où il est installé depuis plus de dix ans. "C'est une occasion pour les jeunes pour se produire et les aider à tracer leurs chemins" explique Akim en sa qualité de directeur artistique des "Noubas d'ici".

Akim compte déjà à son actif trois albums. Le premier qui date de 1999 intitulé "Atifa/Oumi", l'a révélé au public français et lui a permis de participer à des festivals et des tournées dans toute la France.

"Aïni Amel" est son second album sorti en 2004.

Grâce à cet album, il a pu participer, la même année, au festival WOMAD (World Of Music, Arts and Dance) et a été désigné comme l'artiste "coup de coeur" de cette édition.

Quand à son dernier album, "Un Chouia d'amour", il remonte à 2008. Akim travaille actuellement sur une nouvelle oeuvre. "Mon quatrième album verra le jour d'ici 2015" confie-t-il auHuffinPost Algérie.

Amour et tabous

Son premier clip pour son dernier album "Un Chouia d'amour" a bouleversé les uns comme a marqué d'autres. Un clip osé où il souligne que le sentiment amoureux était plus "fort que tous les dogmes". Akim explique qu'il a "voulu casser les clichés modernes autour de la religion, le machisme et l'amour".

Provocateur et intriguant , ce vidéo clip marque la dualité entre l'amour et le désir face aux interdits sociétaux et les extrémismes religieux. Un sujet à polémique certaine en Algérie.

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