ALGÉRIE
01/10/2014 05h:17 CET | Actualisé 01/10/2014 05h:27 CET

Les Emirats interdits aux Algériens et aux Tunisiens... de moins de 40 ans

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Pour avoir le visa pour les Emirats, il faut avoir la "chance" d'avoir dépassé la quarantaine. Sinon, c'est niet. L'Etat des Emirats a décidé que les jeunes algériens mais aussi tunisiens et égyptiens n'auront pas accès à ses terres s'ils n'ont pas dépassé la barre des 40 ans.

La mesure est appliquée depuis des semaines déjà. Le 18 septembre dernier, Echourouk, indiquait déjà que les Algériens - comme les tunisiens et égyptiens - de moins de 40 ans étaient indésirables aux Emirats.

Les candidats au voyage étaient informés à l’agence d'Emirat Airlines, situé à l’office Ryadh El-Feth à Alger, de l'impossibilité de leur vendre des billets car les services consulaires ont arrêté de délivrer les visas. Le journal indiquait que des instructions "orales" avaient été données aux employés des services consulaires de suspendre la délivrance des visas au moins de 40 ans.

Certaines sources, indiquent le journal, ont invoqué une raison "sécuritaire". Sans convaincre puisque, souligne le journal, il est connu que la majorité de ceux qui rejoignent les groupes armés passent par la Turquie qui a des frontières avec la Syrie et l'Irak.

Echourouk indiquait que les Emirats exigeaient pour les algériennes de moins de quarante ans d'être accompagnées d'un Kafil (garant) ou de verser 100.000 dinars à l'agence de voyage qui le restituera au retour. Dans le cas où la personne concernée ne revient pas, la somme sera utilisée par l'Etat émirati comme frais pour engager des poursuites judiciaires contre elle et l'agence de voyage.

Selon El Watan, l'application est très stricte. Un groupe de journalistes algériens invités à couvrir un évènement international à Dubaï a reçu le message : niet. Motif, ces journalistes "n'ont pas encore atteint l'âge nécessaire" pour avoir le droit au visa.

El Watan s'interroge sur la base de quels critères les jeunes Algériens, Tunisiens et Egyptiens sont classés "comme des terroristes potentiels ou des candidats au djihad dans les rangs de la nébuleuse Daech".

Le journal rappelle que tous les citoyens des pays du Golfe et la majorité des pays occidentaux sont dispensés de visa. Les Marocains font partie des "privilégiés" qui peuvent séjourner 30 jours sans visa aux Emirats.

El Khabar confirme de son côté que la mesure existe et que les services consulaires des Emirats se contentent d'informer les "jeunes" que leur demande était rejetée. Selon ce journal, la mesure concerne également l'Egypte et le Soudan qui passent par des situations sécuritaires délicates.

El Khabar, contrairement à El Watan, ne cite pas les tunisiens comme faisant partie des pays concernés. Le journal s'étonne de voir que cette "mesure unilatérale est en vigueur depuis des semaines sans réaction de la part des autorités algériennes qui, en général, prennent des contre-mesures similaires en application du principe de réciprocité ou demandent des explications comme cela a été le cas avec le Qatar il y a trois ans".

Comble de l'ironie, ajoute le journal, la mesure intervient après l'ouverture d'une ligne directe de la compagnie aérienne émiratie entre Alger et Dubaï.

El Watan s'interroge, lui aussi, sur l'absence de réaction du gouvernement algérien devant cette "situation inédite" alors que la mesure prise par les Emirats "porte atteinte à l’image de l’Algérie qui est, selon le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, "un havre de paix". Et c’est un pays considéré comme "frère et ami" qui met en doute le discours officiel algérien…"

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